Quand on commence à décourager un cheval, est-ce que ça veut dire qu’on est tombé très bas?
Lady essayait de me faire comprendre des choses, mais je ne comprenais rien. Plus je réfléchissais et plus elle se décourageait.
Elle a «dit» que nous étions déjà allées quelque part ensemble. Quelques heures plus tard, elle nous ramenait aux ruines. Merci, j’avais déjà compris que nous nous étions trouvés ici en même temps.
Elle a dessiné une ile (oui, mon cheval dessine) par terre avec notre position indiquée. Selon les lignes qu’elle a tracées, nous étions allées partout.
Elle a aussi essayé de me faire comprendre autre chose, mais ça n’a pas très bien fonctionné. J’ai compris la partie «Timothée est petit et faible et nous deux sommes fortes», mais à part ça… Il y avait un truc avec des monstres et possiblement une course (ou une fuite?), mais Lady n’a aimé aucune de mes hypothèses : -Des monstres voulaient nous tuer?
-Nous nous sommes battues contre des monstres?
-Nous nous sommes enfuis devant des monstres?
Je l’ai tellement découragée qu’elle a fini par abandonner et nous sommes partis pour la très grande ville qu’elle avait indiquée sur sa carte. Elle avait l’air tellement abattue que je commençais à me sentir vraiment nulle. Mais comment je suis censée comprendre un cheval alors que je n’ai jamais fait ça de ma vie (Enfin je crois, je ne sais plus… Il commence à y avoir beaucoup de trous dans ma tête…)? La barrière de langue est très difficile à franchir.
Après avoir épuisé toutes nos rations, nous avons fini par arriver en ville. Les gardes à l’entrée m’ont dit que nous étions à Valdesor. D’accord, merci… Where the helle is Valdesor?
N’ayant pas d’argent, je n’aurais pas le choix de vendre quelque chose pour que nous puissions survivre. Lady ne voulait pas que je vende la bague, la vial ou le gant que j’avais trouvé. Il me restait donc une bouteille de parfum, un miroir et une robe. Je crois que je vais me préparer à mourir de faim…
Un homme m’a accostée dans la rue. Il s’appelait Roger et avait l’air de bien me connaître. Pourquoi me traitait-il en grande dame et surtout comment pouvait-il me connaître alors que je ne me connaissais pas moi-même? Il a dit que j’étais la Grande Margaret. Lady m’a fait comprendre que ça ne serait pas mon nom. Margaret, je veux bien le croire, mais «Grande»? J’avais des idées de grandeur ou quoi?
Il m’a parlé de Keith, mon mari. Mon mari? Alors en plus d’avoir un fiancé, j’aurais aussi un mari? Alors je suis une infidèle aux idées de grandeur? Est-ce que j’aurais commencé à fréquenter mon fiancé pendant un de ces périodes de séparation d’avec mon mari, que Roger a mentionnées?
Roger m’a dit que sa maîtresse, Évelyne, pourrait faire quelque chose pour moi, mais elle se trouvait dans une autre ville. Je ne savais pas si l’histoire de Roger était vraie, mais nous n’avions nulle part où aller et surtout rien à manger alors nous l’avons suivi à son auberge, en attendant que sa maîtresse arrive.
Il a fait préparer un plateau de nourriture pour Timothée et moi, mais quand est venu le temps pour moi de manger, il a roulé ses manches de chemise et m’a tendu un bras. Euh… Devant ma confusion, au lieu de s’expliquer, il a déboutonné sa chemise pour découvrir un peu son cou. Euh… Devant ma confusion encore plus grande, il s’est excusé en disant que Timothée et moi voulions sans doute de l’intimité et qu’il allait revenir plus tard. Euh… Ça le gêne de voir d’autres personnes manger?
Quand Roger est revenu, j’ai passé les heures suivantes à discuter avec lui de tout et de rien jusqu’à ce qu’il sorte en disant que sa maîtresse venait d’arriver. Comment il peut le savoir? Timothée s’était endormi depuis un moment, alors j’en ai profité pour l’installer dans le lit.
La maîtresse de Roger était… «Complètement folle» est peut-être un peu cruel, mais c’est sans doute ce qui se rapprochait le plus de la réalité. Soit elle était trop forte, soit c’était moi qui était trop faible : elle m’a tapoté la main et ça faisait mal. Elle s’est étonnée de la chaleur de ma peau. Euh… À ce que je sache, c’est normal. Tout le monde dégage de la chaleur, non?
Elle m’a aussi parlé de mon «mari», avec qui j’étais depuis environ 7000 ans. Nos périodes de séparation d’un siècle ou deux servaient à entretenir notre passion. L’exagération, vous connaissez?
Mais le pire ça a été quand elle m’a demandé si je me nourrissais de Timothée. Euh… ew! Au moins, elle a eu l’air scandalisée à l’idée que je puisse le faire, mais pourquoi a-t-elle ressenti le besoin de me poser la question? Et pourquoi des pommes et du fromage devraient avoir un goût affreux?
Je la trouvais déjà étrange, mais c’est après ce qui suit que j’ai su que mon hypothèse du début était vraie. Elle a collé sa tête sur ma poitrine (euh, very unwanted physical contact?!) et a été complètement démoralisée d’entendre mon cœur battre. Ça aussi c’est normal, non?
J’ai commencé à avoir très peur quand elle s’est mise à parler de me rendre à mon état de morte comme si c’était normal et surtout quand elle a dit que mon mari se ferait un plaisir de me tuer.
Euh… De quelle organisation je faisais partie pour qu’on parle de tuer ses membres comme si de rien était? C’est une secte satanique? Probablement, si certains membres dévorent parfois des enfants… Je ne sais pas qui est ce «chef suprême», ce Reno, ni comment je me suis ramassée pour être une de ses généraux, ni même si tout ça est vrai et je n’ai pas l’intention de rester pour le savoir.
J’ai réussi à faire croire à Évelyne que j’avais besoin d’être seule pour me reposer, alors quand je me suis retrouvée seule, j’ai pris Timothée dans mes bras et je me suis sauvée par la fenêtre. Je ne sais pas comment j’ai fait pour sauter du deuxième étage sans me péter la gueule, mais j’ai réussi.
Dans l’écurie, j’ai essayé de peine et de misère d’installer la selle de Lady, mais j’ai été tellement pourrie et j’ai fait tellement de bruit que j’ai réveillé Timothée et c’est lui qui s’en est occupée, en dix fois moins de temps que ça m’en aurait pris à moi. Après j’ai embarqué Timothée sur Lady et nous sommes partis. J’espère que je ne reverrai plus jamais cette folle et que je ne rencontrerai jamais ce Reno. Bande de malades…

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