jeudi 26 juillet 2012

Épilogue-part 1


Je n’avais nulle part où aller alors j’ai demandé si je pouvais rester quelques temps au manoir. Il devait être reconstruit de toute façon, alors ce n’était pas comme si je demandais à squatter gratuitement.

Au bout d’une semaine, je me suis dit qu’il était temps d’aller voir Fenril. Mais avant toute chose, je voulais me faire belle. Si j’avais écouté Marié, je me serais contentée d’une queue de cheval. Je sais qu’il faut qu’il m’accepte comme je suis, mais j’ai vraiment envie de m’arranger. C’est une journée importante… Heureusement, j’ai pu compter sur Gabrielle pour m’aider à me pomponner.

Une téléportation plus loin et j’étais rendue devant la maison de Fenril. Un serviteur m’a ouvert, mais je n’ai même pas eu le temps de demander à voir Fenril qu’il me faisait signe d’entrer. Alors je suis toujours la bienvenue même après tout ce temps…?

J’attendais Fenril dans un petit salon quand j’ai entendu des bruits d’armure. Mais qu’est-ce qui se passe? Quand Fenril est entré, j’ai dû me retenir pour ne pas fermer mes yeux et les rouvrir, juste pour m’assurer que ce que je voyais était réel : il portait une armure. Vous allez vous battre?

Il a paru aussi heureux que dans mon souvenir de me revoir. Il m’a fait un baisemain et il a gardé ma main dans la sienne. Ça ne me rendait pas mal à l’aise comme la dernière fois. C’était plutôt agréable en fait. Et Fenril était tout aussi charmant que dans mon souvenir.

J’avais prévu de commencer en lui demandant comment il allait, mais j’étais beaucoup trop intriguée par son armure. Il m’a demandé si j’étais au courant qu’une guerre se préparait. Oui, je le suis un peu beaucoup. Il devait faire le tour de son armée. Une minute… «Son» armée? Comme dans «je suis à la tête d’une armée»? Fenril m’a rappelé qu’il était fils de comte. C’est vrai, j’avais oublié ce léger détail très important. Je n’avais jamais imaginé Fenril en train de se battre et je n’aimais pas trop l’idée de le savoir sur un champ de bataille.

Avant de commencer à tout raconter à l’envers, je suis passée à l’essentiel : j’avais retrouvée ma mémoire. Je crois que je viens de voir l’espoir dans ses yeux augmenter d’une coche. Je lui ai expliqué que la guerre entre les vampires était terminée et que mon passé était finalement derrière moi. Avant, il n’y avait pas de place dans ma vie pour ce genre de choses. Mais aujourd’hui, je voulais passer à autre chose et j’avais envie de prendre le temps d’apprendre à mieux le connaître. Je crois que si je lui avais dit que j’acceptais de l’épouser, j’aurais obtenu le même résultat. Il m’a même dit que j’avais toujours une chambre ici, rien n’avait été changé. Il espère vraiment depuis tout ce temps? Même si je savais que j’allais le décevoir, je lui ai répondu que je préférais rester avec mes amis vampires. J’avais besoin de prendre mon temps.

Il a encaissé ma décision comme le gentilhomme qu’il était et il m’a proposé de me faire visiter la ville. Je n’avais jamais eu l’occasion de le faire alors j’ai accepté. Mais il avait l’air très occupé et je ne voulais surtout pas le déranger. Il m’a répondu que j’étais arrivée pile au bon moment et que de toute façon, je ne le dérangeais jamais. C’est d’accord alors…

J’ai beaucoup apprécié la promenade. C’était un très bel endroit et Fenril était de très agréable compagnie, me décrivant avec détails sa ville et répondant à chacune de mes questions. Je ne me souviens pas depuis combien de temps je n’avais pas fait ce genre de choses… En fait, si. Ça devait bien faire 125 ans que je n’avais pas eu l’occasion de tout simplement me promener au bras d’un homme. C’est vraiment plaisant de se sentir spéciale pour quelqu’un en particulier.

Nous avons soupé en compagnie de son père. Il avait pris un coup de vieux depuis la dernière fois que je l’avais vu. Fenril m’avait dit plus tôt dans la journée qu’il quittait rarement la maison désormais. J’ai sans l’ombre d’un doute ravivé son espoir d’avoir des petits-enfants dans un avenir très rapproché.

Au cours des semaines suivantes, je suis allée plusieurs fois voir Fenril. À chaque fois, il me recevait comme si j’étais la septième merveille du monde et il était à l’écoute de mes moindres besoins. Si par malheur j’arrivais et qu’il n’était pas là, j’étais toujours la bienvenue à passer du temps avec son père, qui me traitait déjà comme sa belle-fille. Et c’était sans compter le fait que je n’avais qu’à lever le petit doigt pour qu’un serviteur (ou plusieurs) se fende en quatre pour satisfaire mes désirs. J’étais pratiquement déjà traitée comme la future maîtresse de maison.

Je suis donc allée souvent chez Fenril et je m’y sentais très à l’aise. Alors quand Fenril m’a demandé d’y passer la nuit la première fois, j’ai dit oui. C’était un gentilhomme et je savais qu’il n’entretenait aucune arrière-pensée.

Quand je suis revenue au manoir le lendemain, j’ai eu droit à… Je ne suis pas certaine de ce que Daken voulait me dire. Soit il essayait de me féliciter (à propos de…?), soit il sous-entendait que certaines choses s’étaient passées entre Fenril et moi. Est-ce que je voulais vraiment le savoir? Et que voulait dire ce signe qu’il faisait avec ses mains?


Je n’ai pas aimé la façon dont Ar a parlé de Fenril. Et je n’ai pas aimé qu’il l’appelle tout le temps «Fenrul», à croire qu’il faisait exprès. Tu ne peux pas ne pas voir que ça me met en colère, alors pourquoi continues-tu?

Fenril gentil, mais quoi d’autre…?

Fenril normal. Morri pas normale….

Fenril croire que comprendre, mais pas comprendre…

Arrête! Je suis certaine que tu te trompes! Puis Ar m’a rappelée que j’avais toujours le même visage que Margaret. Que ferait Fenril si des vampires débarquaient? Et est-ce que je lui avais parlé de mon passé? Euh… Non, pas encore. Je prévoyais de le faire… éventuellement.

J’étais assez fâchée après cette discussion alors j’ai décidé de tout aller raconter à Fenril. J’espère qu’il ne sera pas fâché contre moi…

J’ai encore une fois été très bien accueillie. Nous sommes allés nous assoir dans ce qui était devenu «notre» petit salon. Je ne sais pas comment j’ai réussi à trouver du courage, mais j’en ai trouvé : j’ai parlé de mon fiancé qui était mort à cause des vampires et de tous ceux que j’avais tués et qui étaient sans doute good. 

Fenril s’est montré très compréhensif. Il aurait eu le droit d’être fâché et je n’aurais pas pu lui en vouloir, mais ce fut tout le contraire qui s’est produit. Je crois qu’il était prêt à accepter n’importe quoi venant de ma part. Alors vous ne me détestez vraiment pas? Au lieu de me répondre, il s’est penché vers moi. Je savais qu’il allait m’embrasser et je l’ai laissé faire. Ça n’a pas été désagréable, mais quand il a essayé d’approfondir son baiser, je l’ai repoussé. L’embarras de ce qu’il venait de faire se lisait sur son visage. Je suis désolée, je ne voulais pas créer de malaise, mais c’est un peu trop vite pour moi. J’ai besoin de prendre mon temps. Pour ça non plus, il ne m’en voulait pas. Le malaise s’est vite dissipé et j’ai accepté de passer une deuxième nuit là-bas.

Le lendemain, j’ai encore eu droit à je ne sais pas trop quoi de la part de Daken. Mais qu’est-ce que tu vas t’imaginer? Tu penses vraiment que…? Non! Il était dans sa chambre et moi dans la mienne! Je pense que je l’ai un peu insulté d’avoir pensé qu’il sous-entendait certaines choses. Il était samouraï et certains besoins ne pouvaient s’obtenir qu’avec une bague. C’est aussi ce que je pense alors désolée pour l’insulte. Et oublie que nous avons eu cette conversation, d’accord?


Non, je n’aime définitivement pas comment Ar parle de Fenril. Et là, je suis vraiment fâchée. Et je pars sans attendre une minute de plus. Teleport.

Mais qu’est-ce que tu fous là, Ar? Pourquoi tu t’es accroché à moi? Je suis contrariée… Je n’ai rien contre le fait que tu rencontres Fenril. J’avais prévu de lui faire rencontrer tout le monde éventuellement. Mais là, tu t’imposes et je n’aime pas ça. Je voulais passer la journée avec Fenril, pas avec Fenril et Ar. Ar a décidé qu’il cognait. Je la sens tellement mal…

Le serviteur m’a accueilli avec un «bienvenue chez vous mademoiselle». Euh, c’est un peu trop tôt pour ça, non?

La rencontre Ar/Fenril… J’ai été horriblement embarrassée. Fenril n’avait rien contre le fait de rencontrer un membre de ma «famille». Moi si! En tout cas, celui-là! Si j’avais pu me cacher sous le divan, je l’aurais fait. J’ai d’ailleurs bien failli le faire.

Ar a demandé à Fenril s’il avait du papier et un crayon et Fenril est sorti pour en chercher. J’ai vraiment envie de t’étrangler Ar. J’espère que tu n’es pas en train de ruiner mes chances…

Comment ça, je dessine bien? Je ne sais pas dessiner! Arrête de dire que je suis modeste! Et tu veux bien me dire comment des dessins en bonhommes allumettes  vont l’aider à comprendre à quel point les vampires peuvent être dangereux? Et arrête de dire que je sais dessiner! Je suis désolée Fenril…

Quand Ar a décidé qu’il avait eu ce qu’il voulait, j’ai failli pousser un soupir de soulagement. Finalement… Ar est allé m’attendre à l’extérieur de la pièce pendant que je me confondais en excuses à Fenril. Je lui ai juré à plus d’une reprise que la présence de Ar n’était pas prévue. J’avais vraiment espéré passer la journée avec lui et j’aurais voulu rester plus longtemps, mais quelqu’un avait décidé de foutre mes plans en l’air.

Fenril n’en a pas fait grand cas. Il était au contraire heureux que ma «famille» s’inquiète pour moi. Pourrais-je jamais faire quelque chose qui fâchera cet homme? Je l’ai quitté sur la promesse de revenir le lendemain. Maintenant, à nous deux Ar.

Veux-tu bien me dire pour qui tu te prends pour te mêler de ma vie comme ça? Tu as failli tout gâcher! Oui, je sais bien que nous sommes en train de nous disputer et je trouve ça assez stimulant, mais ce n’est pas obligé d’être comme ça avec Fenril. En fait, je ne me voyais pas du tout me disputer avec Fenril. Ar m’a fait une imitation de ce qu’il pensait qui allait arriver, en jouant mon rôle et celui de Fenril.

Selon lui, peu importe les objections que Fenril pourrait avoir, il finirait toujours par me céder. Je n’aimais pas qu’il tourne la situation en ridicule, mais il était si amusant que je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Ar m’en a d’ailleurs fait la remarque. Oui Ar, tu m’as fait rire. Est-ce que Fenril me fait rire? Euh… J’imagine que si je prends le temps d’y réfléchir, c’est déjà mauvais signe.

Ar avait été voir dans la tête de Fenril. Fenril disait comprendre, mais il ne comprenait pas du tout en fait. Je suis certaine que tu te trompes… Il m’a rappelé que Fenril était normal et que moi j’étais l’inverse. Mais arrête de semer… d’essayer de semer le doute dans mon esprit.

Il m’a avoué qu’il me trouvait intéressante. Euh… Intéressante comme dans «intéressante»? Je ne m’attendais pas du tout à ça. Mais Ar savait que je ne le voyais pas comme ça (non, c’est vrai…) et que je ne voyais personne d’autre comme ça non plus. J’étais si pressée de me caser que j’avais couru droit dans les bras de Fenril, sans prendre la peine de regarder ceux autour de moi. Peut-être que je devrais réfléchir à tout ça au lieu d’aller voir Fenril demain. Arrête… Maintenant, je n’ai plus le choix de penser à tout ça. Muuu… Qu’est-ce que je vais faire…?

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