jeudi 26 juillet 2012

Épilogue-part 1


Je n’avais nulle part où aller alors j’ai demandé si je pouvais rester quelques temps au manoir. Il devait être reconstruit de toute façon, alors ce n’était pas comme si je demandais à squatter gratuitement.

Au bout d’une semaine, je me suis dit qu’il était temps d’aller voir Fenril. Mais avant toute chose, je voulais me faire belle. Si j’avais écouté Marié, je me serais contentée d’une queue de cheval. Je sais qu’il faut qu’il m’accepte comme je suis, mais j’ai vraiment envie de m’arranger. C’est une journée importante… Heureusement, j’ai pu compter sur Gabrielle pour m’aider à me pomponner.

Une téléportation plus loin et j’étais rendue devant la maison de Fenril. Un serviteur m’a ouvert, mais je n’ai même pas eu le temps de demander à voir Fenril qu’il me faisait signe d’entrer. Alors je suis toujours la bienvenue même après tout ce temps…?

J’attendais Fenril dans un petit salon quand j’ai entendu des bruits d’armure. Mais qu’est-ce qui se passe? Quand Fenril est entré, j’ai dû me retenir pour ne pas fermer mes yeux et les rouvrir, juste pour m’assurer que ce que je voyais était réel : il portait une armure. Vous allez vous battre?

Il a paru aussi heureux que dans mon souvenir de me revoir. Il m’a fait un baisemain et il a gardé ma main dans la sienne. Ça ne me rendait pas mal à l’aise comme la dernière fois. C’était plutôt agréable en fait. Et Fenril était tout aussi charmant que dans mon souvenir.

J’avais prévu de commencer en lui demandant comment il allait, mais j’étais beaucoup trop intriguée par son armure. Il m’a demandé si j’étais au courant qu’une guerre se préparait. Oui, je le suis un peu beaucoup. Il devait faire le tour de son armée. Une minute… «Son» armée? Comme dans «je suis à la tête d’une armée»? Fenril m’a rappelé qu’il était fils de comte. C’est vrai, j’avais oublié ce léger détail très important. Je n’avais jamais imaginé Fenril en train de se battre et je n’aimais pas trop l’idée de le savoir sur un champ de bataille.

Avant de commencer à tout raconter à l’envers, je suis passée à l’essentiel : j’avais retrouvée ma mémoire. Je crois que je viens de voir l’espoir dans ses yeux augmenter d’une coche. Je lui ai expliqué que la guerre entre les vampires était terminée et que mon passé était finalement derrière moi. Avant, il n’y avait pas de place dans ma vie pour ce genre de choses. Mais aujourd’hui, je voulais passer à autre chose et j’avais envie de prendre le temps d’apprendre à mieux le connaître. Je crois que si je lui avais dit que j’acceptais de l’épouser, j’aurais obtenu le même résultat. Il m’a même dit que j’avais toujours une chambre ici, rien n’avait été changé. Il espère vraiment depuis tout ce temps? Même si je savais que j’allais le décevoir, je lui ai répondu que je préférais rester avec mes amis vampires. J’avais besoin de prendre mon temps.

Il a encaissé ma décision comme le gentilhomme qu’il était et il m’a proposé de me faire visiter la ville. Je n’avais jamais eu l’occasion de le faire alors j’ai accepté. Mais il avait l’air très occupé et je ne voulais surtout pas le déranger. Il m’a répondu que j’étais arrivée pile au bon moment et que de toute façon, je ne le dérangeais jamais. C’est d’accord alors…

J’ai beaucoup apprécié la promenade. C’était un très bel endroit et Fenril était de très agréable compagnie, me décrivant avec détails sa ville et répondant à chacune de mes questions. Je ne me souviens pas depuis combien de temps je n’avais pas fait ce genre de choses… En fait, si. Ça devait bien faire 125 ans que je n’avais pas eu l’occasion de tout simplement me promener au bras d’un homme. C’est vraiment plaisant de se sentir spéciale pour quelqu’un en particulier.

Nous avons soupé en compagnie de son père. Il avait pris un coup de vieux depuis la dernière fois que je l’avais vu. Fenril m’avait dit plus tôt dans la journée qu’il quittait rarement la maison désormais. J’ai sans l’ombre d’un doute ravivé son espoir d’avoir des petits-enfants dans un avenir très rapproché.

Au cours des semaines suivantes, je suis allée plusieurs fois voir Fenril. À chaque fois, il me recevait comme si j’étais la septième merveille du monde et il était à l’écoute de mes moindres besoins. Si par malheur j’arrivais et qu’il n’était pas là, j’étais toujours la bienvenue à passer du temps avec son père, qui me traitait déjà comme sa belle-fille. Et c’était sans compter le fait que je n’avais qu’à lever le petit doigt pour qu’un serviteur (ou plusieurs) se fende en quatre pour satisfaire mes désirs. J’étais pratiquement déjà traitée comme la future maîtresse de maison.

Je suis donc allée souvent chez Fenril et je m’y sentais très à l’aise. Alors quand Fenril m’a demandé d’y passer la nuit la première fois, j’ai dit oui. C’était un gentilhomme et je savais qu’il n’entretenait aucune arrière-pensée.

Quand je suis revenue au manoir le lendemain, j’ai eu droit à… Je ne suis pas certaine de ce que Daken voulait me dire. Soit il essayait de me féliciter (à propos de…?), soit il sous-entendait que certaines choses s’étaient passées entre Fenril et moi. Est-ce que je voulais vraiment le savoir? Et que voulait dire ce signe qu’il faisait avec ses mains?


Je n’ai pas aimé la façon dont Ar a parlé de Fenril. Et je n’ai pas aimé qu’il l’appelle tout le temps «Fenrul», à croire qu’il faisait exprès. Tu ne peux pas ne pas voir que ça me met en colère, alors pourquoi continues-tu?

Fenril gentil, mais quoi d’autre…?

Fenril normal. Morri pas normale….

Fenril croire que comprendre, mais pas comprendre…

Arrête! Je suis certaine que tu te trompes! Puis Ar m’a rappelée que j’avais toujours le même visage que Margaret. Que ferait Fenril si des vampires débarquaient? Et est-ce que je lui avais parlé de mon passé? Euh… Non, pas encore. Je prévoyais de le faire… éventuellement.

J’étais assez fâchée après cette discussion alors j’ai décidé de tout aller raconter à Fenril. J’espère qu’il ne sera pas fâché contre moi…

J’ai encore une fois été très bien accueillie. Nous sommes allés nous assoir dans ce qui était devenu «notre» petit salon. Je ne sais pas comment j’ai réussi à trouver du courage, mais j’en ai trouvé : j’ai parlé de mon fiancé qui était mort à cause des vampires et de tous ceux que j’avais tués et qui étaient sans doute good. 

Fenril s’est montré très compréhensif. Il aurait eu le droit d’être fâché et je n’aurais pas pu lui en vouloir, mais ce fut tout le contraire qui s’est produit. Je crois qu’il était prêt à accepter n’importe quoi venant de ma part. Alors vous ne me détestez vraiment pas? Au lieu de me répondre, il s’est penché vers moi. Je savais qu’il allait m’embrasser et je l’ai laissé faire. Ça n’a pas été désagréable, mais quand il a essayé d’approfondir son baiser, je l’ai repoussé. L’embarras de ce qu’il venait de faire se lisait sur son visage. Je suis désolée, je ne voulais pas créer de malaise, mais c’est un peu trop vite pour moi. J’ai besoin de prendre mon temps. Pour ça non plus, il ne m’en voulait pas. Le malaise s’est vite dissipé et j’ai accepté de passer une deuxième nuit là-bas.

Le lendemain, j’ai encore eu droit à je ne sais pas trop quoi de la part de Daken. Mais qu’est-ce que tu vas t’imaginer? Tu penses vraiment que…? Non! Il était dans sa chambre et moi dans la mienne! Je pense que je l’ai un peu insulté d’avoir pensé qu’il sous-entendait certaines choses. Il était samouraï et certains besoins ne pouvaient s’obtenir qu’avec une bague. C’est aussi ce que je pense alors désolée pour l’insulte. Et oublie que nous avons eu cette conversation, d’accord?


Non, je n’aime définitivement pas comment Ar parle de Fenril. Et là, je suis vraiment fâchée. Et je pars sans attendre une minute de plus. Teleport.

Mais qu’est-ce que tu fous là, Ar? Pourquoi tu t’es accroché à moi? Je suis contrariée… Je n’ai rien contre le fait que tu rencontres Fenril. J’avais prévu de lui faire rencontrer tout le monde éventuellement. Mais là, tu t’imposes et je n’aime pas ça. Je voulais passer la journée avec Fenril, pas avec Fenril et Ar. Ar a décidé qu’il cognait. Je la sens tellement mal…

Le serviteur m’a accueilli avec un «bienvenue chez vous mademoiselle». Euh, c’est un peu trop tôt pour ça, non?

La rencontre Ar/Fenril… J’ai été horriblement embarrassée. Fenril n’avait rien contre le fait de rencontrer un membre de ma «famille». Moi si! En tout cas, celui-là! Si j’avais pu me cacher sous le divan, je l’aurais fait. J’ai d’ailleurs bien failli le faire.

Ar a demandé à Fenril s’il avait du papier et un crayon et Fenril est sorti pour en chercher. J’ai vraiment envie de t’étrangler Ar. J’espère que tu n’es pas en train de ruiner mes chances…

Comment ça, je dessine bien? Je ne sais pas dessiner! Arrête de dire que je suis modeste! Et tu veux bien me dire comment des dessins en bonhommes allumettes  vont l’aider à comprendre à quel point les vampires peuvent être dangereux? Et arrête de dire que je sais dessiner! Je suis désolée Fenril…

Quand Ar a décidé qu’il avait eu ce qu’il voulait, j’ai failli pousser un soupir de soulagement. Finalement… Ar est allé m’attendre à l’extérieur de la pièce pendant que je me confondais en excuses à Fenril. Je lui ai juré à plus d’une reprise que la présence de Ar n’était pas prévue. J’avais vraiment espéré passer la journée avec lui et j’aurais voulu rester plus longtemps, mais quelqu’un avait décidé de foutre mes plans en l’air.

Fenril n’en a pas fait grand cas. Il était au contraire heureux que ma «famille» s’inquiète pour moi. Pourrais-je jamais faire quelque chose qui fâchera cet homme? Je l’ai quitté sur la promesse de revenir le lendemain. Maintenant, à nous deux Ar.

Veux-tu bien me dire pour qui tu te prends pour te mêler de ma vie comme ça? Tu as failli tout gâcher! Oui, je sais bien que nous sommes en train de nous disputer et je trouve ça assez stimulant, mais ce n’est pas obligé d’être comme ça avec Fenril. En fait, je ne me voyais pas du tout me disputer avec Fenril. Ar m’a fait une imitation de ce qu’il pensait qui allait arriver, en jouant mon rôle et celui de Fenril.

Selon lui, peu importe les objections que Fenril pourrait avoir, il finirait toujours par me céder. Je n’aimais pas qu’il tourne la situation en ridicule, mais il était si amusant que je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Ar m’en a d’ailleurs fait la remarque. Oui Ar, tu m’as fait rire. Est-ce que Fenril me fait rire? Euh… J’imagine que si je prends le temps d’y réfléchir, c’est déjà mauvais signe.

Ar avait été voir dans la tête de Fenril. Fenril disait comprendre, mais il ne comprenait pas du tout en fait. Je suis certaine que tu te trompes… Il m’a rappelé que Fenril était normal et que moi j’étais l’inverse. Mais arrête de semer… d’essayer de semer le doute dans mon esprit.

Il m’a avoué qu’il me trouvait intéressante. Euh… Intéressante comme dans «intéressante»? Je ne m’attendais pas du tout à ça. Mais Ar savait que je ne le voyais pas comme ça (non, c’est vrai…) et que je ne voyais personne d’autre comme ça non plus. J’étais si pressée de me caser que j’avais couru droit dans les bras de Fenril, sans prendre la peine de regarder ceux autour de moi. Peut-être que je devrais réfléchir à tout ça au lieu d’aller voir Fenril demain. Arrête… Maintenant, je n’ai plus le choix de penser à tout ça. Muuu… Qu’est-ce que je vais faire…?

dimanche 15 juillet 2012

C'est la fin...


Méga post de la mort!!!! Je vais en faire un autre pour l'épilogue, aka le ditchage de Fenril et la recherche intensive de mâles célibataires potentiels... ^^

Les généraux sont partis chercher ceux qui manquaient. Moi j’en ai profité pour aller voir Kadaj. Maintenant que je savais ce qu’il avait fait avec les artefacts, je n’avais aucune hésitation à lui parler de la bague que Sai disait que j’avais en ma possession. Elle pourrait leur être très utile et moi je n’en avais pas besoin de toute façon.

Kadaj m’a proposé d’aller dans la salle des artefacts pour qu’il s’en occupe tout de suite et j’ai accepté. Il m’a palpée et a fini par trouver la bague, dans mon dos entre mes deux reins. Au nom du ciel, comment j’ai fait pour la mettre là?

Je me suis installée face au mur, Kadaj m’a donné sa ceinture pour que je morde dedans et il a enlevé la bague. Comme la dernière fois, il a été plus que professionnel. J’espère qu’elle leur sera utile…


Les généraux ont fini par revenir. Gabrielle avait eu son enfant, Ar avait aussi emmené les siens (je ne les avais vus que brièvement il y a des mois et ils me semblaient avoir beaucoup grandi), mais la plus grande surprise venait de Marié : elle avait eu des jumeaux, deux adorables petits garçons pas d’âme. Les félicitations ont fusé de toutes parts.


La tête d’Emeric a fini par exploser.

Reno a lu une lettre qui est apparue devant lui, une lettre écrite par son père. La lettre parlait des sacrifices faits par Kadaj, qui s’était fait passer pour un traître toutes ses années. Le père de Reno demandait aussi pardon à Emeric, son cher ami, car il n’aurait pas eu l’étoffe pour se faire passer pour un traître.

Toute l’attention était tournée vers Kadaj (Astasie s’est inclinée devant lui) qui semblait sous le choc. J’ai même vu une trace de larme sur sa joue. C’est là que la tête d’Emeric a explosé. À part Reno, Sai et moi, personne n’était au courant de cette histoire. Comme j’étais sans doute la personne qui en savait le plus, Sai m’a fait signe de raconter. Moi qui pensais pouvoir me soustraire à toute l’attention. Et bien…

Ar est allé voir dans nos têtes et a retransmis le message à tout le monde. Voilà, c’est fait. Tout le monde est au courant. Kadaj a dit qu’une porte menait de la caverne de Donatello Tortuga à la salle des artefacts, comme ça Emeric pourrait revenir rapidement parmi nous.


Plans et distribution des artefacts.

Il y avait un team Bélial et un team Bob. Le premier qui avait terminé allait aider l’autre. Moi j’étais dans le team de Bélial. Ais-je besoin de préciser qu’il ne s’agissait pas de ma décision? Ais-je aussi besoin de préciser que je suis morte de trouille? I don’t know if I can do this…

Il fallait aussi répartir les artefacts que nous avions pris aux seconds et aux troisièmes, ceux que nous avions déjà et ceux que j’avais créés. J’avais faits plusieurs artefacts pour donner plus de force vitale, mais quand Ar a dit qu’il voulait se joindre à nous, nous étions à court d’un. Mais peut-être que quelqu’un n’en avait pas besoin? Ou peut-être qu’Ar était assez fort pour s’en passer? J’ai donc commencé par le lui demander. J’ai eu droit à un regard, mais pas un regard du genre «WTF qu’est-ce qu’elle fout ici?». C’était plutôt un regard du genre «WTF qu’est-ce qui cloche avec elle?». Qu’est-ce que j’ai encore? Ar ne voulait pas m’en parler devant tout le monde, alors nous sommes sortis.

Ce qu’il hésitait à me dire, c’était seulement qu’il n’y avait plus rien dans ma tête. Oh, ça? J’étais déjà au courant. C’était plutôt gentil de sa part de ne rien vouloir dire devant tout le monde (il devait se dire que tout le monde n’avait pas à connaître ce détail aussi personnel), surtout que la dernière fois que je l’avais vu, il ne s’était pas montré des plus sympathiques avec moi. Il s’en est d’ailleurs excusé. Je lui ai dit que ce n’était pas nécessaire. De ce que j’avais appris/déduit sur ma vie d’avant, j’avais aussi de bonnes raisons de détester les vampires, alors je comprenais ce qu’Ar avait pu ressentir. Il avait tout perdu à cause des vampires, à part ses enfants, alors c’était normal qu’il ne nous ait pas portés dans son cœur au moment où nous étions allés le voir.

Mais son attitude d’aujourd’hui était tout le contraire de celle qu’il avait eue dans le désert, il voulait même nous aider. S’il nous avait simplement souhaité bonne chance et était reparti avec ses enfants, je n’en aurais pas été étonnée. Mais il venait de passer plusieurs mois en compagnie de vampires que je n’imaginais pas être moins sympathiques que ceux que j’avais côtoyés de mon côté. Il m’a avoué que Gabrielle lui avait «forcé la main» à coup de plateau. Le pire, c’est que j’imaginais vraiment Gabrielle frapper Ar à répétition avec un plateau à biscuit jusqu’à ce qu’il arrête de dire qu’il n’aimait pas les vampires.

À force de parler, je me découvrais des points communs avec lui, ou plutôt un, mais un gros. Nous avions tous les deux d’excellentes raisons de détester les vampires, mais nous avions fini par nous rendre compte avec le temps qu’il y en avait aussi des bons. Mon amnésie avait au moins eu ça de bon : elle m’avait fait découvrir le deuxième côté de la médaille.

J’ai d’ailleurs parlé de mon amnésie avec Ar. Il m’a suggéré qu’il existait peut-être des artefacts qui pouvaient emprisonner la mémoire.

… … … …

Mais c’est tellement brillant! Comment j’ai fait pour ne pas y penser plus tôt? Et dire que nous avons un détecteur portatif d’artefacts! Je vous aime Ar. Je crois que ça l’a un peu gêné que je lui dise ça, mais je n’avais pas pu m’en empêcher. J’allais peut-être finalement voir la lumière au bout du tunnel, grâce à Ar.

J’ai donc demandé à Sai s’il pouvait chercher un artefact qui pouvait retenir les mémoires. Il n’était pas certain que ce soit une bonne idée, mais comme Ar m’avait dit, est-ce que c’était mieux que j’attende après le combat et que je regrette à ce moment-là de m’être battue avec eux? Sai a fini par être d’accord. Ma description était très vague, mais il a quand même essayé. Il a détecté quelque chose dans la pièce, vers Eveline. Je me suis sentie vraiment idiote de lui demander si elle n’avait pas sur elle un artefact qui retiendrait ma mémoire, parce que je me doutais bien que la réponse serait non. Et puis j’ai vu le gant qu’elle avait… «mon» gant. Oh fuck… Ne me dites pas que c’était la depuis le début? Si c’est ça, je vais me sentir vraiment conne.

Eveline aurait pu refuser de me prêter le gant, mais elle a accepté. J’aurais été prête à la supplier à genoux dans le cas contraire. Sai nous a emmenés Ar et moi (j’étais heureuse de ne pas faire ça toute seule) sur le bord de l’eau, là où nous nous étions débarrassés de tous les cercueils.

J’ai mis le gant et je n’ai pas eu de difficulté à me servir normalement de mes pouvoirs. C’est bien, mais ce n’est pas exactement ça que je cherche. J’ai ensuite pensé à ma mémoire, mais sans plus de succès. J’ai finalement eu l’idée de me toucher le front avec le gant et de penser très fort à transférer mes souvenirs du gant à ma tête. J’ai eu un surplus d’information en trop peu de temps et je suis tombée inconsciente.

Quand je me suis réveillée, Ar était près de moi. Oui, bien sûr que ça va. Ça fait beaucoup de choses à absorber, mais je vais m’en remettre. Seigneur… Nicolaï… Maintenant je me souviens que je t’ai perdu et ça fait toujours aussi mal. Muuu… Je veux pleurer, mais il faut que je me retienne. Ar l’a lu dans ma tête et il m’a dit qu’il avait une deuxième épaule. Je n’ai pas été capable de résister et je me suis jetée dans ses bras pour pleurer toutes les larmes que je retenais depuis si longtemps. Nicolaï qui était mort et la vie que je n’avais pas eue… Mes amis que j’avais fait souffrir… Tous les innocents qui étaient morts à cause de moi… Don’t let go of me Ar… Please don’t let go…

Je ne sais pas combine de temps j’ai pleuré, mais Ar m’a laissé tout le temps dont j’avais besoin. Merci Ar. Je vous en dois une… une de plus. Mes souvenirs ne ramèneraient jamais tout ce que j’avais perdu, mais ils me permettraient au moins de ne plus recommencer toutes les horreurs que j’avais commises. Mes excuses voudraient maintenant dire quelque chose. Et quand cette guerre serait terminée, je pourrais peut-être finalement passer à autre chose…

J’avais maintenant quelques discussions à avoir. Mais avant toute chose, j’ai pris le temps de sortir mes ailes. Il y avait si longtemps que je ne l’avais pas fait, que j’avais presqu’oublié de quelle couleur elles étaient. Soon, I’ll have to take them for a test drive. Ow. Une de mes plumes venait de s’envoler, jusqu’aux mains du petit Ar-Am. Il était tellement mignon à regarder à s’amuser avec, que je ne pouvais pas être fâchée. Mais Ar ne voulait pas que je l’encourage. Il avait raison. Son parent c’était Ar et c’était à lui de l’élever et de décider ce qu’il pouvait et ne pouvait pas faire, mais Ar-Am était si mignon!


Je suis allée remercier Eveline de m’avoir prêté le gant, mais je voulais surtout m’excuser d’avoir pensé très fort qu’elle était complètement folle. Elle avait été super gentille avec moi (même si c’était parce qu’elle pensait que j’étais Margaret) et je l’avais pratiquement envoyée promener. Elle m’a répondu que si elle avait su à l’époque que j’existais, je serais sans doute morte. Tant mieux pour moi alors, sinon je n’aurais jamais pu me racheter.


Je me suis excusée auprès de Clément de lui avoir menti. Il m’a répondu que nous en reparlerions quand je me souviendrais. C’est pour ça que je suis là… Il m’a reproché de commencer à l’envers. Je m’excuse… Je m’excuse pour tout… Clément ne pensait pas que me prosterner à répétition devant lui ou à me plier en 36 réglerait quoi que ce soit, mais j’aurais été prête à le faire s’il me l’avait demandé.

Je me sentais vraiment très mal et c’était encore pire parce que Clément était moins fâché qu’il était déçu. Je lui ai raconté tout ce qui était important : comment j’avais été recrutée par Dracula pour trouver des artefacts en échange de sa protection puis comment j’avais décidé de les garder pour moi au bout du compte.

Je devais aussi lui parler de l’organisation dont j’avais fait partie. Je savais que j’allais le décevoir encore plus, mais il devait savoir. Je lui ai donc raconté comment j’avais été enrôlée, le fait que j’avais accepté de travailler avec des vampires qui avaient été transformés contre leur gré et dont le but était d’en tuer le plus possible avant la fin. Tout ce qui comptait pour moi c’était que le plus de vampires possible meurent, peu importe les moyens employés, même s’il s’agissait de tuer des mortels sympathiques à la cause des vampires.

Merlin partageait mon point de vue, mais je savais que Clément n’approuverait jamais mon extrémisme. Et j’avais raison. De nombreuses excuses ont encore suivi, et aussi la promesse de ne plus lui mentir. Je pense que Clément aurait voulu me croire, mais il n’avait aucune garantie que je ne recommencerais pas. À l’époque, je n’avais voulu que faire le bien et regardez où ça m’avait menée. Si une situation semblable se reproduisait, je choisirais peut-être encore de mentir à Clément. J’espère que non, parce que je ne voudrais pas le perdre. Heureusement pour moi, Clément n’était pas très rancunier.

Nous avons aussi parlé de nos plans pour après la guerre. Clément aurait voulu ravoir une église. Mes rêves à moi étaient tout aussi simples : une maison avec une clôture blanche, un jardin et un potager, un mari, une famille (nombreuse)… Clément avait l’air étonné. Quoi? Qu’est-ce que ça a de surprenant que j’ais envie d’une famille? J’ai fini par lui révéler que j’étais bien partie pour faire de ce rêve une réalité, mais les vampires avaient tué mon fiancé.

Clément s’est mis en tête de demander, si nous survivions, une liste des mortels célibataires potentiels parce que j’étais à la recherche d’un. Quoi? Non! Je ne suis pas en recherche de rien. J’ai déjà prévu d’aller voir Fenril pour apprendre à mieux le connaître. Peut-être que ça ne fonctionnera pas (Clément m’a dit que Fenril était très complaisant et qu’il ne voyait pas comment ça pourrait ne pas marcher), mais il part avec de très bons points : je le connais déjà, son père m’aime, Fenril lui-même m’adore et il est tout aussi beau et charmant que gentil.

Clément m’a fait remarquer que je ne pourrais peut-être plus me battre si je finissais avec Fenril. Je n’y avais pas pensé, mais est-ce que j’avais vraiment envie de continuer à me battre? Je ne détestais pas ça, mais je crois que je désirais avant tout la tranquillité. Fenril pourrait me l’apporter. J’espère que Clément finira par oublier cette idée de dresser une liste de mâles potentiels. Je serai horriblement gênée s’il le fait…


Quand Clément est parti, je suis allée voir Tristan. J’espérais qu’il puisse m’en dire plus sur la Lune Rouge. Il m’a dit qu’ils étaient des humains qui pouvaient prendre une forme animale. Mais quant à savoir d’où cette forme venait… Ils le poursuivaient à cause de ce qu’il était.

Je voulais aussi savoir s’il avait vraiment dit à Merlin qu’il n’était pas d’accord avec ce qu’il faisait. Il m’a répondu qu’il n’avait jamais parlé à Merlin. Euh, d’accord... Mais avec qui Merlin a-t-il parlé alors? Tristan n’était même pas au courant non plus que Merlin avait dit qu’il était son frère, son vrai frère. Je crois que je lui ai causé un choc. Je lui ai demandé si je pouvais l’accompagner quand il retournerait chez lui, mais il préférait y aller seul. Oh, d’accord. J’espère qu’il n’oubliera pas de me donner des nouvelles…


Quand Emeric s’est finalement remis de son explosion de tête, j’ai attendu qu’il soit seul pour aller lui parler. Il m’avait déjà dit qu’il avait perdu beaucoup de gens qu’il aimait à cause de personnes comme moi. C’était peut-être effectivement arrivé, alors je voulais m’en excuser. Il était un peu confus. Merde, je viens encore de tout faire à l’envers. J’aurais dû commencer par le plus important : ma mémoire était cachée dans le gant et j’ai réussi à la récupérer. J’aurais dû me contenter de ça et ne pas m’excuser de choses que je n’avais peut-être pas faites. Emeric m’a d’ailleurs dit que si après la guerre des personnes qu’il connaissait ne reparaissaient pas après un certain temps, nous en reparlerions. Ça me convient tout à fait.


Finalement, il y a eu la bataille. Moi j’étais dans le team «Fox Hound», contre Bélial. Il y avait aussi le team «Vacuum», qui s’occupait des vampires dehors. Je ne me souviens pas du nom du team contre Bob…

Parlant de Bob, quand nous nous sommes trouvés face à lui, il a dit qu’il ne laisserait passer que Reno et trois (ou était-ce deux?) autres personnes. Euh, va te faire voir. J’ai à passer alors je vais passer. Je n’avais aucune intention d’écouter ce qu’il disait, mais ow. J’ai bien failli le payer de ma vie. Ses foutus ongles ont fait drôlement mal. Il est passé proche de m’ouvrir en deux d’un seul coup.

Dans la pièce suivante, il y avait pute-pute-pute, Astaroth et le frère de Catherine. Kadaj s’est occupé de ce dernier très rapidement, après quoi Reno a dit : Un membre de cette organisation en moins! Hein? Il en faisait partie? Mais comment vous pouviez être au courant quand nous ne savions même pas qui nous étions entre nous?

Après, Jasna a mis sa main dans le dos d’Astaroth et il s’est effondré par terre. Euh… Pourquoi elle a fait ça? Elle n’est pas censée d’être genre contre nous? Elle voulait que Reno me renvoie de l’autre côté, contre Bob. Elle ne pouvait supposément emmener que trois personnes avec elle. Mais va te faire foutre. Voir que je vais faire ce que tu demandes!

Reno est parti avec Kadaj pour enfermer Astaroth dieu sait où. Jasna a encore demandé que je reparte de l’autre côté. Mais va vraiment te faire foutre! Je ne ferai rien de ce que tu dis! Si Reno veut que j’aille aider le team contre Bob j’irai, mais pas autrement! Je me fiche que tu sois contre-mais-avec-nous, jamais je ne t’écouterai! Je ne tenais pas vraiment à affronter Bélial (il me faisait toujours une peur bleue), mais tant que Reno ne me l’ordonnerait pas, je préférais faire face à ma plus grande peur plutôt que d’écouter pute-pute-pute.

Reno est revenu et ce n’est que quand il m’a demandé de retourner de l’autre côté que j’ai accepté de le faire. Jasna voulait aussi qu’il me donne son antidote et il l’a fait. Mais vous faites tout ce qu’elle vous demande? Je me suis donc téléportée avec Kalas pour aider les autres, mais ils venaient de tuer Bob. J’aurais peut-être été plus utile en restant avec pute-pute-pute et compagnie… Finalement, non. Emeric avait été empoisonné, alors j’ai mélangé les deux fioles de l’antidote et je lui ai donné.
-C’est quoi ça?
-…Un antidote…
-Qu’est-ce que tu fais avec ça?
-Reno me l’a donné…
-Tu es en train de me dire que Reno va se battre contre Bélial sans antidote?!
-(Oups, je ne l’avais pas réalisé) Je m’excuse…

Emeric n’a pas eu le choix de prendre l’antidote s’il ne voulait pas mourir et aussitôt fait, il a couru de l’autre côté, mais la porte s’est refermée au moment où nous arrivions. Nous n’avions donc plus d’autre choix que d’espérer et d’attendre qu’ils ressortent.

Nous avons passé le temps en allant aider le team vacuum et après, nous avons fait le tour du château pour nous débarrasser des ennemis qui restaient. Quand Aram a senti que Reno était revenu, nous sommes tous allés le retrouver. Ils avaient tué Bélial et ils étaient tous en vie. Pute-pute-pute aussi, même si elle ne semblait pas en avoir pour longtemps. Je ne me préoccupais pas particulièrement de ce qui pouvais lui arriver, alors je n’ai pas porté attention à ce qui se disait (la player s’endormait aussi).

De retour à l’ancien manoir de Tristan, nous pauvres mortels avons bien profité de plusieurs heures d’un sommeil bien mérité. Je n’arrive pas à croire que ce soit finalement terminé. Je n’ai plus rien à craindre de Bélial… Je ne ressens plus aucune haine particulière pour des vampires… Je vais finalement pouvoir passer à autre chose…


Kalas avait l’air beaucoup trop enthousiaste, mais je l’ai quand même suivi. Je suis toujours prête à aider…

Reno voulait que je refasse le corps de Jasna. Mais pourquoi? Parce que c’est bien! Mais je m’en fous! Dis-toi qu’elle est comme Kadaj, mais en pire. Je m’en fous encore! C’est Jasna! Elle a pris plaisir à me foutre la trouille et elle a menacé de me torturer! Qu’elle reste donc où elle est!

Reno a dit qu’il pouvait demander à quelqu’un d’autre, mais j’ai quand même accepté de le faire. C’était supposément très important, alors d’accord. Et aussi…

Nous avons retrouvé Kadaj dans le manoir d’Anthony (qui était maintenant complètement vide). J’ai réussi à refaire le corps de Jasna, mais quand Kalas a brisé la sphère qui contenait l’âme de Jasna et que j’ai essayé de ranimer le corps, ça n’a pas fonctionné. Il fallait un prêtre. Comme Tristan ne voudrait pas le faire, que Clément ne pouvait pas le faire, Reno est parti magasiner.

J’ai attendu sagement dans mon coin que Jasna soit ramenée à la vie. Dès qu’elle a été assez réveillée, j’ai sauté sur l’occasion  et je lui ai assené un coup de poing. Ça m’a vraiment fait plaisir de la voir avoir mal. Après ça, Reno m’a signifié mon congé en me disant qu’ils n’avaient plus besoin de mes services. Vous n’en avez plus eu besoin dès que son corps a été reformé. Je le savais, mais pourquoi pensez-vous que je sois restée? Jasna m’a demandé si c’était pour les menaces de torture. Duh! Bien sûr que oui! Au moins, elle a compris d’elle-même. J’espère que je ne la reverrai jamais, parce que si je la revois, je vais encore avoir envie de la frapper. Voulez-vous bien me dire qu’elle était le but de faire peur à une pauvre fille déjà terrorisée d’avance? Et puis laissez tomber. Vous ne valez pas la peine que je perde mon temps et mon énergie à vous le demander. Je retourne au manoir…