lundi 17 septembre 2012

Two sides


Eternity


jeudi 26 juillet 2012

Épilogue-part 1


Je n’avais nulle part où aller alors j’ai demandé si je pouvais rester quelques temps au manoir. Il devait être reconstruit de toute façon, alors ce n’était pas comme si je demandais à squatter gratuitement.

Au bout d’une semaine, je me suis dit qu’il était temps d’aller voir Fenril. Mais avant toute chose, je voulais me faire belle. Si j’avais écouté Marié, je me serais contentée d’une queue de cheval. Je sais qu’il faut qu’il m’accepte comme je suis, mais j’ai vraiment envie de m’arranger. C’est une journée importante… Heureusement, j’ai pu compter sur Gabrielle pour m’aider à me pomponner.

Une téléportation plus loin et j’étais rendue devant la maison de Fenril. Un serviteur m’a ouvert, mais je n’ai même pas eu le temps de demander à voir Fenril qu’il me faisait signe d’entrer. Alors je suis toujours la bienvenue même après tout ce temps…?

J’attendais Fenril dans un petit salon quand j’ai entendu des bruits d’armure. Mais qu’est-ce qui se passe? Quand Fenril est entré, j’ai dû me retenir pour ne pas fermer mes yeux et les rouvrir, juste pour m’assurer que ce que je voyais était réel : il portait une armure. Vous allez vous battre?

Il a paru aussi heureux que dans mon souvenir de me revoir. Il m’a fait un baisemain et il a gardé ma main dans la sienne. Ça ne me rendait pas mal à l’aise comme la dernière fois. C’était plutôt agréable en fait. Et Fenril était tout aussi charmant que dans mon souvenir.

J’avais prévu de commencer en lui demandant comment il allait, mais j’étais beaucoup trop intriguée par son armure. Il m’a demandé si j’étais au courant qu’une guerre se préparait. Oui, je le suis un peu beaucoup. Il devait faire le tour de son armée. Une minute… «Son» armée? Comme dans «je suis à la tête d’une armée»? Fenril m’a rappelé qu’il était fils de comte. C’est vrai, j’avais oublié ce léger détail très important. Je n’avais jamais imaginé Fenril en train de se battre et je n’aimais pas trop l’idée de le savoir sur un champ de bataille.

Avant de commencer à tout raconter à l’envers, je suis passée à l’essentiel : j’avais retrouvée ma mémoire. Je crois que je viens de voir l’espoir dans ses yeux augmenter d’une coche. Je lui ai expliqué que la guerre entre les vampires était terminée et que mon passé était finalement derrière moi. Avant, il n’y avait pas de place dans ma vie pour ce genre de choses. Mais aujourd’hui, je voulais passer à autre chose et j’avais envie de prendre le temps d’apprendre à mieux le connaître. Je crois que si je lui avais dit que j’acceptais de l’épouser, j’aurais obtenu le même résultat. Il m’a même dit que j’avais toujours une chambre ici, rien n’avait été changé. Il espère vraiment depuis tout ce temps? Même si je savais que j’allais le décevoir, je lui ai répondu que je préférais rester avec mes amis vampires. J’avais besoin de prendre mon temps.

Il a encaissé ma décision comme le gentilhomme qu’il était et il m’a proposé de me faire visiter la ville. Je n’avais jamais eu l’occasion de le faire alors j’ai accepté. Mais il avait l’air très occupé et je ne voulais surtout pas le déranger. Il m’a répondu que j’étais arrivée pile au bon moment et que de toute façon, je ne le dérangeais jamais. C’est d’accord alors…

J’ai beaucoup apprécié la promenade. C’était un très bel endroit et Fenril était de très agréable compagnie, me décrivant avec détails sa ville et répondant à chacune de mes questions. Je ne me souviens pas depuis combien de temps je n’avais pas fait ce genre de choses… En fait, si. Ça devait bien faire 125 ans que je n’avais pas eu l’occasion de tout simplement me promener au bras d’un homme. C’est vraiment plaisant de se sentir spéciale pour quelqu’un en particulier.

Nous avons soupé en compagnie de son père. Il avait pris un coup de vieux depuis la dernière fois que je l’avais vu. Fenril m’avait dit plus tôt dans la journée qu’il quittait rarement la maison désormais. J’ai sans l’ombre d’un doute ravivé son espoir d’avoir des petits-enfants dans un avenir très rapproché.

Au cours des semaines suivantes, je suis allée plusieurs fois voir Fenril. À chaque fois, il me recevait comme si j’étais la septième merveille du monde et il était à l’écoute de mes moindres besoins. Si par malheur j’arrivais et qu’il n’était pas là, j’étais toujours la bienvenue à passer du temps avec son père, qui me traitait déjà comme sa belle-fille. Et c’était sans compter le fait que je n’avais qu’à lever le petit doigt pour qu’un serviteur (ou plusieurs) se fende en quatre pour satisfaire mes désirs. J’étais pratiquement déjà traitée comme la future maîtresse de maison.

Je suis donc allée souvent chez Fenril et je m’y sentais très à l’aise. Alors quand Fenril m’a demandé d’y passer la nuit la première fois, j’ai dit oui. C’était un gentilhomme et je savais qu’il n’entretenait aucune arrière-pensée.

Quand je suis revenue au manoir le lendemain, j’ai eu droit à… Je ne suis pas certaine de ce que Daken voulait me dire. Soit il essayait de me féliciter (à propos de…?), soit il sous-entendait que certaines choses s’étaient passées entre Fenril et moi. Est-ce que je voulais vraiment le savoir? Et que voulait dire ce signe qu’il faisait avec ses mains?


Je n’ai pas aimé la façon dont Ar a parlé de Fenril. Et je n’ai pas aimé qu’il l’appelle tout le temps «Fenrul», à croire qu’il faisait exprès. Tu ne peux pas ne pas voir que ça me met en colère, alors pourquoi continues-tu?

Fenril gentil, mais quoi d’autre…?

Fenril normal. Morri pas normale….

Fenril croire que comprendre, mais pas comprendre…

Arrête! Je suis certaine que tu te trompes! Puis Ar m’a rappelée que j’avais toujours le même visage que Margaret. Que ferait Fenril si des vampires débarquaient? Et est-ce que je lui avais parlé de mon passé? Euh… Non, pas encore. Je prévoyais de le faire… éventuellement.

J’étais assez fâchée après cette discussion alors j’ai décidé de tout aller raconter à Fenril. J’espère qu’il ne sera pas fâché contre moi…

J’ai encore une fois été très bien accueillie. Nous sommes allés nous assoir dans ce qui était devenu «notre» petit salon. Je ne sais pas comment j’ai réussi à trouver du courage, mais j’en ai trouvé : j’ai parlé de mon fiancé qui était mort à cause des vampires et de tous ceux que j’avais tués et qui étaient sans doute good. 

Fenril s’est montré très compréhensif. Il aurait eu le droit d’être fâché et je n’aurais pas pu lui en vouloir, mais ce fut tout le contraire qui s’est produit. Je crois qu’il était prêt à accepter n’importe quoi venant de ma part. Alors vous ne me détestez vraiment pas? Au lieu de me répondre, il s’est penché vers moi. Je savais qu’il allait m’embrasser et je l’ai laissé faire. Ça n’a pas été désagréable, mais quand il a essayé d’approfondir son baiser, je l’ai repoussé. L’embarras de ce qu’il venait de faire se lisait sur son visage. Je suis désolée, je ne voulais pas créer de malaise, mais c’est un peu trop vite pour moi. J’ai besoin de prendre mon temps. Pour ça non plus, il ne m’en voulait pas. Le malaise s’est vite dissipé et j’ai accepté de passer une deuxième nuit là-bas.

Le lendemain, j’ai encore eu droit à je ne sais pas trop quoi de la part de Daken. Mais qu’est-ce que tu vas t’imaginer? Tu penses vraiment que…? Non! Il était dans sa chambre et moi dans la mienne! Je pense que je l’ai un peu insulté d’avoir pensé qu’il sous-entendait certaines choses. Il était samouraï et certains besoins ne pouvaient s’obtenir qu’avec une bague. C’est aussi ce que je pense alors désolée pour l’insulte. Et oublie que nous avons eu cette conversation, d’accord?


Non, je n’aime définitivement pas comment Ar parle de Fenril. Et là, je suis vraiment fâchée. Et je pars sans attendre une minute de plus. Teleport.

Mais qu’est-ce que tu fous là, Ar? Pourquoi tu t’es accroché à moi? Je suis contrariée… Je n’ai rien contre le fait que tu rencontres Fenril. J’avais prévu de lui faire rencontrer tout le monde éventuellement. Mais là, tu t’imposes et je n’aime pas ça. Je voulais passer la journée avec Fenril, pas avec Fenril et Ar. Ar a décidé qu’il cognait. Je la sens tellement mal…

Le serviteur m’a accueilli avec un «bienvenue chez vous mademoiselle». Euh, c’est un peu trop tôt pour ça, non?

La rencontre Ar/Fenril… J’ai été horriblement embarrassée. Fenril n’avait rien contre le fait de rencontrer un membre de ma «famille». Moi si! En tout cas, celui-là! Si j’avais pu me cacher sous le divan, je l’aurais fait. J’ai d’ailleurs bien failli le faire.

Ar a demandé à Fenril s’il avait du papier et un crayon et Fenril est sorti pour en chercher. J’ai vraiment envie de t’étrangler Ar. J’espère que tu n’es pas en train de ruiner mes chances…

Comment ça, je dessine bien? Je ne sais pas dessiner! Arrête de dire que je suis modeste! Et tu veux bien me dire comment des dessins en bonhommes allumettes  vont l’aider à comprendre à quel point les vampires peuvent être dangereux? Et arrête de dire que je sais dessiner! Je suis désolée Fenril…

Quand Ar a décidé qu’il avait eu ce qu’il voulait, j’ai failli pousser un soupir de soulagement. Finalement… Ar est allé m’attendre à l’extérieur de la pièce pendant que je me confondais en excuses à Fenril. Je lui ai juré à plus d’une reprise que la présence de Ar n’était pas prévue. J’avais vraiment espéré passer la journée avec lui et j’aurais voulu rester plus longtemps, mais quelqu’un avait décidé de foutre mes plans en l’air.

Fenril n’en a pas fait grand cas. Il était au contraire heureux que ma «famille» s’inquiète pour moi. Pourrais-je jamais faire quelque chose qui fâchera cet homme? Je l’ai quitté sur la promesse de revenir le lendemain. Maintenant, à nous deux Ar.

Veux-tu bien me dire pour qui tu te prends pour te mêler de ma vie comme ça? Tu as failli tout gâcher! Oui, je sais bien que nous sommes en train de nous disputer et je trouve ça assez stimulant, mais ce n’est pas obligé d’être comme ça avec Fenril. En fait, je ne me voyais pas du tout me disputer avec Fenril. Ar m’a fait une imitation de ce qu’il pensait qui allait arriver, en jouant mon rôle et celui de Fenril.

Selon lui, peu importe les objections que Fenril pourrait avoir, il finirait toujours par me céder. Je n’aimais pas qu’il tourne la situation en ridicule, mais il était si amusant que je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Ar m’en a d’ailleurs fait la remarque. Oui Ar, tu m’as fait rire. Est-ce que Fenril me fait rire? Euh… J’imagine que si je prends le temps d’y réfléchir, c’est déjà mauvais signe.

Ar avait été voir dans la tête de Fenril. Fenril disait comprendre, mais il ne comprenait pas du tout en fait. Je suis certaine que tu te trompes… Il m’a rappelé que Fenril était normal et que moi j’étais l’inverse. Mais arrête de semer… d’essayer de semer le doute dans mon esprit.

Il m’a avoué qu’il me trouvait intéressante. Euh… Intéressante comme dans «intéressante»? Je ne m’attendais pas du tout à ça. Mais Ar savait que je ne le voyais pas comme ça (non, c’est vrai…) et que je ne voyais personne d’autre comme ça non plus. J’étais si pressée de me caser que j’avais couru droit dans les bras de Fenril, sans prendre la peine de regarder ceux autour de moi. Peut-être que je devrais réfléchir à tout ça au lieu d’aller voir Fenril demain. Arrête… Maintenant, je n’ai plus le choix de penser à tout ça. Muuu… Qu’est-ce que je vais faire…?

dimanche 15 juillet 2012

C'est la fin...


Méga post de la mort!!!! Je vais en faire un autre pour l'épilogue, aka le ditchage de Fenril et la recherche intensive de mâles célibataires potentiels... ^^

Les généraux sont partis chercher ceux qui manquaient. Moi j’en ai profité pour aller voir Kadaj. Maintenant que je savais ce qu’il avait fait avec les artefacts, je n’avais aucune hésitation à lui parler de la bague que Sai disait que j’avais en ma possession. Elle pourrait leur être très utile et moi je n’en avais pas besoin de toute façon.

Kadaj m’a proposé d’aller dans la salle des artefacts pour qu’il s’en occupe tout de suite et j’ai accepté. Il m’a palpée et a fini par trouver la bague, dans mon dos entre mes deux reins. Au nom du ciel, comment j’ai fait pour la mettre là?

Je me suis installée face au mur, Kadaj m’a donné sa ceinture pour que je morde dedans et il a enlevé la bague. Comme la dernière fois, il a été plus que professionnel. J’espère qu’elle leur sera utile…


Les généraux ont fini par revenir. Gabrielle avait eu son enfant, Ar avait aussi emmené les siens (je ne les avais vus que brièvement il y a des mois et ils me semblaient avoir beaucoup grandi), mais la plus grande surprise venait de Marié : elle avait eu des jumeaux, deux adorables petits garçons pas d’âme. Les félicitations ont fusé de toutes parts.


La tête d’Emeric a fini par exploser.

Reno a lu une lettre qui est apparue devant lui, une lettre écrite par son père. La lettre parlait des sacrifices faits par Kadaj, qui s’était fait passer pour un traître toutes ses années. Le père de Reno demandait aussi pardon à Emeric, son cher ami, car il n’aurait pas eu l’étoffe pour se faire passer pour un traître.

Toute l’attention était tournée vers Kadaj (Astasie s’est inclinée devant lui) qui semblait sous le choc. J’ai même vu une trace de larme sur sa joue. C’est là que la tête d’Emeric a explosé. À part Reno, Sai et moi, personne n’était au courant de cette histoire. Comme j’étais sans doute la personne qui en savait le plus, Sai m’a fait signe de raconter. Moi qui pensais pouvoir me soustraire à toute l’attention. Et bien…

Ar est allé voir dans nos têtes et a retransmis le message à tout le monde. Voilà, c’est fait. Tout le monde est au courant. Kadaj a dit qu’une porte menait de la caverne de Donatello Tortuga à la salle des artefacts, comme ça Emeric pourrait revenir rapidement parmi nous.


Plans et distribution des artefacts.

Il y avait un team Bélial et un team Bob. Le premier qui avait terminé allait aider l’autre. Moi j’étais dans le team de Bélial. Ais-je besoin de préciser qu’il ne s’agissait pas de ma décision? Ais-je aussi besoin de préciser que je suis morte de trouille? I don’t know if I can do this…

Il fallait aussi répartir les artefacts que nous avions pris aux seconds et aux troisièmes, ceux que nous avions déjà et ceux que j’avais créés. J’avais faits plusieurs artefacts pour donner plus de force vitale, mais quand Ar a dit qu’il voulait se joindre à nous, nous étions à court d’un. Mais peut-être que quelqu’un n’en avait pas besoin? Ou peut-être qu’Ar était assez fort pour s’en passer? J’ai donc commencé par le lui demander. J’ai eu droit à un regard, mais pas un regard du genre «WTF qu’est-ce qu’elle fout ici?». C’était plutôt un regard du genre «WTF qu’est-ce qui cloche avec elle?». Qu’est-ce que j’ai encore? Ar ne voulait pas m’en parler devant tout le monde, alors nous sommes sortis.

Ce qu’il hésitait à me dire, c’était seulement qu’il n’y avait plus rien dans ma tête. Oh, ça? J’étais déjà au courant. C’était plutôt gentil de sa part de ne rien vouloir dire devant tout le monde (il devait se dire que tout le monde n’avait pas à connaître ce détail aussi personnel), surtout que la dernière fois que je l’avais vu, il ne s’était pas montré des plus sympathiques avec moi. Il s’en est d’ailleurs excusé. Je lui ai dit que ce n’était pas nécessaire. De ce que j’avais appris/déduit sur ma vie d’avant, j’avais aussi de bonnes raisons de détester les vampires, alors je comprenais ce qu’Ar avait pu ressentir. Il avait tout perdu à cause des vampires, à part ses enfants, alors c’était normal qu’il ne nous ait pas portés dans son cœur au moment où nous étions allés le voir.

Mais son attitude d’aujourd’hui était tout le contraire de celle qu’il avait eue dans le désert, il voulait même nous aider. S’il nous avait simplement souhaité bonne chance et était reparti avec ses enfants, je n’en aurais pas été étonnée. Mais il venait de passer plusieurs mois en compagnie de vampires que je n’imaginais pas être moins sympathiques que ceux que j’avais côtoyés de mon côté. Il m’a avoué que Gabrielle lui avait «forcé la main» à coup de plateau. Le pire, c’est que j’imaginais vraiment Gabrielle frapper Ar à répétition avec un plateau à biscuit jusqu’à ce qu’il arrête de dire qu’il n’aimait pas les vampires.

À force de parler, je me découvrais des points communs avec lui, ou plutôt un, mais un gros. Nous avions tous les deux d’excellentes raisons de détester les vampires, mais nous avions fini par nous rendre compte avec le temps qu’il y en avait aussi des bons. Mon amnésie avait au moins eu ça de bon : elle m’avait fait découvrir le deuxième côté de la médaille.

J’ai d’ailleurs parlé de mon amnésie avec Ar. Il m’a suggéré qu’il existait peut-être des artefacts qui pouvaient emprisonner la mémoire.

… … … …

Mais c’est tellement brillant! Comment j’ai fait pour ne pas y penser plus tôt? Et dire que nous avons un détecteur portatif d’artefacts! Je vous aime Ar. Je crois que ça l’a un peu gêné que je lui dise ça, mais je n’avais pas pu m’en empêcher. J’allais peut-être finalement voir la lumière au bout du tunnel, grâce à Ar.

J’ai donc demandé à Sai s’il pouvait chercher un artefact qui pouvait retenir les mémoires. Il n’était pas certain que ce soit une bonne idée, mais comme Ar m’avait dit, est-ce que c’était mieux que j’attende après le combat et que je regrette à ce moment-là de m’être battue avec eux? Sai a fini par être d’accord. Ma description était très vague, mais il a quand même essayé. Il a détecté quelque chose dans la pièce, vers Eveline. Je me suis sentie vraiment idiote de lui demander si elle n’avait pas sur elle un artefact qui retiendrait ma mémoire, parce que je me doutais bien que la réponse serait non. Et puis j’ai vu le gant qu’elle avait… «mon» gant. Oh fuck… Ne me dites pas que c’était la depuis le début? Si c’est ça, je vais me sentir vraiment conne.

Eveline aurait pu refuser de me prêter le gant, mais elle a accepté. J’aurais été prête à la supplier à genoux dans le cas contraire. Sai nous a emmenés Ar et moi (j’étais heureuse de ne pas faire ça toute seule) sur le bord de l’eau, là où nous nous étions débarrassés de tous les cercueils.

J’ai mis le gant et je n’ai pas eu de difficulté à me servir normalement de mes pouvoirs. C’est bien, mais ce n’est pas exactement ça que je cherche. J’ai ensuite pensé à ma mémoire, mais sans plus de succès. J’ai finalement eu l’idée de me toucher le front avec le gant et de penser très fort à transférer mes souvenirs du gant à ma tête. J’ai eu un surplus d’information en trop peu de temps et je suis tombée inconsciente.

Quand je me suis réveillée, Ar était près de moi. Oui, bien sûr que ça va. Ça fait beaucoup de choses à absorber, mais je vais m’en remettre. Seigneur… Nicolaï… Maintenant je me souviens que je t’ai perdu et ça fait toujours aussi mal. Muuu… Je veux pleurer, mais il faut que je me retienne. Ar l’a lu dans ma tête et il m’a dit qu’il avait une deuxième épaule. Je n’ai pas été capable de résister et je me suis jetée dans ses bras pour pleurer toutes les larmes que je retenais depuis si longtemps. Nicolaï qui était mort et la vie que je n’avais pas eue… Mes amis que j’avais fait souffrir… Tous les innocents qui étaient morts à cause de moi… Don’t let go of me Ar… Please don’t let go…

Je ne sais pas combine de temps j’ai pleuré, mais Ar m’a laissé tout le temps dont j’avais besoin. Merci Ar. Je vous en dois une… une de plus. Mes souvenirs ne ramèneraient jamais tout ce que j’avais perdu, mais ils me permettraient au moins de ne plus recommencer toutes les horreurs que j’avais commises. Mes excuses voudraient maintenant dire quelque chose. Et quand cette guerre serait terminée, je pourrais peut-être finalement passer à autre chose…

J’avais maintenant quelques discussions à avoir. Mais avant toute chose, j’ai pris le temps de sortir mes ailes. Il y avait si longtemps que je ne l’avais pas fait, que j’avais presqu’oublié de quelle couleur elles étaient. Soon, I’ll have to take them for a test drive. Ow. Une de mes plumes venait de s’envoler, jusqu’aux mains du petit Ar-Am. Il était tellement mignon à regarder à s’amuser avec, que je ne pouvais pas être fâchée. Mais Ar ne voulait pas que je l’encourage. Il avait raison. Son parent c’était Ar et c’était à lui de l’élever et de décider ce qu’il pouvait et ne pouvait pas faire, mais Ar-Am était si mignon!


Je suis allée remercier Eveline de m’avoir prêté le gant, mais je voulais surtout m’excuser d’avoir pensé très fort qu’elle était complètement folle. Elle avait été super gentille avec moi (même si c’était parce qu’elle pensait que j’étais Margaret) et je l’avais pratiquement envoyée promener. Elle m’a répondu que si elle avait su à l’époque que j’existais, je serais sans doute morte. Tant mieux pour moi alors, sinon je n’aurais jamais pu me racheter.


Je me suis excusée auprès de Clément de lui avoir menti. Il m’a répondu que nous en reparlerions quand je me souviendrais. C’est pour ça que je suis là… Il m’a reproché de commencer à l’envers. Je m’excuse… Je m’excuse pour tout… Clément ne pensait pas que me prosterner à répétition devant lui ou à me plier en 36 réglerait quoi que ce soit, mais j’aurais été prête à le faire s’il me l’avait demandé.

Je me sentais vraiment très mal et c’était encore pire parce que Clément était moins fâché qu’il était déçu. Je lui ai raconté tout ce qui était important : comment j’avais été recrutée par Dracula pour trouver des artefacts en échange de sa protection puis comment j’avais décidé de les garder pour moi au bout du compte.

Je devais aussi lui parler de l’organisation dont j’avais fait partie. Je savais que j’allais le décevoir encore plus, mais il devait savoir. Je lui ai donc raconté comment j’avais été enrôlée, le fait que j’avais accepté de travailler avec des vampires qui avaient été transformés contre leur gré et dont le but était d’en tuer le plus possible avant la fin. Tout ce qui comptait pour moi c’était que le plus de vampires possible meurent, peu importe les moyens employés, même s’il s’agissait de tuer des mortels sympathiques à la cause des vampires.

Merlin partageait mon point de vue, mais je savais que Clément n’approuverait jamais mon extrémisme. Et j’avais raison. De nombreuses excuses ont encore suivi, et aussi la promesse de ne plus lui mentir. Je pense que Clément aurait voulu me croire, mais il n’avait aucune garantie que je ne recommencerais pas. À l’époque, je n’avais voulu que faire le bien et regardez où ça m’avait menée. Si une situation semblable se reproduisait, je choisirais peut-être encore de mentir à Clément. J’espère que non, parce que je ne voudrais pas le perdre. Heureusement pour moi, Clément n’était pas très rancunier.

Nous avons aussi parlé de nos plans pour après la guerre. Clément aurait voulu ravoir une église. Mes rêves à moi étaient tout aussi simples : une maison avec une clôture blanche, un jardin et un potager, un mari, une famille (nombreuse)… Clément avait l’air étonné. Quoi? Qu’est-ce que ça a de surprenant que j’ais envie d’une famille? J’ai fini par lui révéler que j’étais bien partie pour faire de ce rêve une réalité, mais les vampires avaient tué mon fiancé.

Clément s’est mis en tête de demander, si nous survivions, une liste des mortels célibataires potentiels parce que j’étais à la recherche d’un. Quoi? Non! Je ne suis pas en recherche de rien. J’ai déjà prévu d’aller voir Fenril pour apprendre à mieux le connaître. Peut-être que ça ne fonctionnera pas (Clément m’a dit que Fenril était très complaisant et qu’il ne voyait pas comment ça pourrait ne pas marcher), mais il part avec de très bons points : je le connais déjà, son père m’aime, Fenril lui-même m’adore et il est tout aussi beau et charmant que gentil.

Clément m’a fait remarquer que je ne pourrais peut-être plus me battre si je finissais avec Fenril. Je n’y avais pas pensé, mais est-ce que j’avais vraiment envie de continuer à me battre? Je ne détestais pas ça, mais je crois que je désirais avant tout la tranquillité. Fenril pourrait me l’apporter. J’espère que Clément finira par oublier cette idée de dresser une liste de mâles potentiels. Je serai horriblement gênée s’il le fait…


Quand Clément est parti, je suis allée voir Tristan. J’espérais qu’il puisse m’en dire plus sur la Lune Rouge. Il m’a dit qu’ils étaient des humains qui pouvaient prendre une forme animale. Mais quant à savoir d’où cette forme venait… Ils le poursuivaient à cause de ce qu’il était.

Je voulais aussi savoir s’il avait vraiment dit à Merlin qu’il n’était pas d’accord avec ce qu’il faisait. Il m’a répondu qu’il n’avait jamais parlé à Merlin. Euh, d’accord... Mais avec qui Merlin a-t-il parlé alors? Tristan n’était même pas au courant non plus que Merlin avait dit qu’il était son frère, son vrai frère. Je crois que je lui ai causé un choc. Je lui ai demandé si je pouvais l’accompagner quand il retournerait chez lui, mais il préférait y aller seul. Oh, d’accord. J’espère qu’il n’oubliera pas de me donner des nouvelles…


Quand Emeric s’est finalement remis de son explosion de tête, j’ai attendu qu’il soit seul pour aller lui parler. Il m’avait déjà dit qu’il avait perdu beaucoup de gens qu’il aimait à cause de personnes comme moi. C’était peut-être effectivement arrivé, alors je voulais m’en excuser. Il était un peu confus. Merde, je viens encore de tout faire à l’envers. J’aurais dû commencer par le plus important : ma mémoire était cachée dans le gant et j’ai réussi à la récupérer. J’aurais dû me contenter de ça et ne pas m’excuser de choses que je n’avais peut-être pas faites. Emeric m’a d’ailleurs dit que si après la guerre des personnes qu’il connaissait ne reparaissaient pas après un certain temps, nous en reparlerions. Ça me convient tout à fait.


Finalement, il y a eu la bataille. Moi j’étais dans le team «Fox Hound», contre Bélial. Il y avait aussi le team «Vacuum», qui s’occupait des vampires dehors. Je ne me souviens pas du nom du team contre Bob…

Parlant de Bob, quand nous nous sommes trouvés face à lui, il a dit qu’il ne laisserait passer que Reno et trois (ou était-ce deux?) autres personnes. Euh, va te faire voir. J’ai à passer alors je vais passer. Je n’avais aucune intention d’écouter ce qu’il disait, mais ow. J’ai bien failli le payer de ma vie. Ses foutus ongles ont fait drôlement mal. Il est passé proche de m’ouvrir en deux d’un seul coup.

Dans la pièce suivante, il y avait pute-pute-pute, Astaroth et le frère de Catherine. Kadaj s’est occupé de ce dernier très rapidement, après quoi Reno a dit : Un membre de cette organisation en moins! Hein? Il en faisait partie? Mais comment vous pouviez être au courant quand nous ne savions même pas qui nous étions entre nous?

Après, Jasna a mis sa main dans le dos d’Astaroth et il s’est effondré par terre. Euh… Pourquoi elle a fait ça? Elle n’est pas censée d’être genre contre nous? Elle voulait que Reno me renvoie de l’autre côté, contre Bob. Elle ne pouvait supposément emmener que trois personnes avec elle. Mais va te faire foutre. Voir que je vais faire ce que tu demandes!

Reno est parti avec Kadaj pour enfermer Astaroth dieu sait où. Jasna a encore demandé que je reparte de l’autre côté. Mais va vraiment te faire foutre! Je ne ferai rien de ce que tu dis! Si Reno veut que j’aille aider le team contre Bob j’irai, mais pas autrement! Je me fiche que tu sois contre-mais-avec-nous, jamais je ne t’écouterai! Je ne tenais pas vraiment à affronter Bélial (il me faisait toujours une peur bleue), mais tant que Reno ne me l’ordonnerait pas, je préférais faire face à ma plus grande peur plutôt que d’écouter pute-pute-pute.

Reno est revenu et ce n’est que quand il m’a demandé de retourner de l’autre côté que j’ai accepté de le faire. Jasna voulait aussi qu’il me donne son antidote et il l’a fait. Mais vous faites tout ce qu’elle vous demande? Je me suis donc téléportée avec Kalas pour aider les autres, mais ils venaient de tuer Bob. J’aurais peut-être été plus utile en restant avec pute-pute-pute et compagnie… Finalement, non. Emeric avait été empoisonné, alors j’ai mélangé les deux fioles de l’antidote et je lui ai donné.
-C’est quoi ça?
-…Un antidote…
-Qu’est-ce que tu fais avec ça?
-Reno me l’a donné…
-Tu es en train de me dire que Reno va se battre contre Bélial sans antidote?!
-(Oups, je ne l’avais pas réalisé) Je m’excuse…

Emeric n’a pas eu le choix de prendre l’antidote s’il ne voulait pas mourir et aussitôt fait, il a couru de l’autre côté, mais la porte s’est refermée au moment où nous arrivions. Nous n’avions donc plus d’autre choix que d’espérer et d’attendre qu’ils ressortent.

Nous avons passé le temps en allant aider le team vacuum et après, nous avons fait le tour du château pour nous débarrasser des ennemis qui restaient. Quand Aram a senti que Reno était revenu, nous sommes tous allés le retrouver. Ils avaient tué Bélial et ils étaient tous en vie. Pute-pute-pute aussi, même si elle ne semblait pas en avoir pour longtemps. Je ne me préoccupais pas particulièrement de ce qui pouvais lui arriver, alors je n’ai pas porté attention à ce qui se disait (la player s’endormait aussi).

De retour à l’ancien manoir de Tristan, nous pauvres mortels avons bien profité de plusieurs heures d’un sommeil bien mérité. Je n’arrive pas à croire que ce soit finalement terminé. Je n’ai plus rien à craindre de Bélial… Je ne ressens plus aucune haine particulière pour des vampires… Je vais finalement pouvoir passer à autre chose…


Kalas avait l’air beaucoup trop enthousiaste, mais je l’ai quand même suivi. Je suis toujours prête à aider…

Reno voulait que je refasse le corps de Jasna. Mais pourquoi? Parce que c’est bien! Mais je m’en fous! Dis-toi qu’elle est comme Kadaj, mais en pire. Je m’en fous encore! C’est Jasna! Elle a pris plaisir à me foutre la trouille et elle a menacé de me torturer! Qu’elle reste donc où elle est!

Reno a dit qu’il pouvait demander à quelqu’un d’autre, mais j’ai quand même accepté de le faire. C’était supposément très important, alors d’accord. Et aussi…

Nous avons retrouvé Kadaj dans le manoir d’Anthony (qui était maintenant complètement vide). J’ai réussi à refaire le corps de Jasna, mais quand Kalas a brisé la sphère qui contenait l’âme de Jasna et que j’ai essayé de ranimer le corps, ça n’a pas fonctionné. Il fallait un prêtre. Comme Tristan ne voudrait pas le faire, que Clément ne pouvait pas le faire, Reno est parti magasiner.

J’ai attendu sagement dans mon coin que Jasna soit ramenée à la vie. Dès qu’elle a été assez réveillée, j’ai sauté sur l’occasion  et je lui ai assené un coup de poing. Ça m’a vraiment fait plaisir de la voir avoir mal. Après ça, Reno m’a signifié mon congé en me disant qu’ils n’avaient plus besoin de mes services. Vous n’en avez plus eu besoin dès que son corps a été reformé. Je le savais, mais pourquoi pensez-vous que je sois restée? Jasna m’a demandé si c’était pour les menaces de torture. Duh! Bien sûr que oui! Au moins, elle a compris d’elle-même. J’espère que je ne la reverrai jamais, parce que si je la revois, je vais encore avoir envie de la frapper. Voulez-vous bien me dire qu’elle était le but de faire peur à une pauvre fille déjà terrorisée d’avance? Et puis laissez tomber. Vous ne valez pas la peine que je perde mon temps et mon énergie à vous le demander. Je retourne au manoir…

mardi 26 juin 2012

Je savais qu'il était sympathique


J’ai fini par oser aller parler à Sai. C’était le lendemain de la soirée que les gars s’étaient faite. Sai n’avait pas l’air au meilleur de sa forme, mais quand je lui ai dit que j’avais besoin de parler, il a tout de suite accepté de m’écouter. Ça avait même l’air de lui faire très plaisir.

Je lui ai donc confié toutes les peurs que j’avais, à commencer par celle que ma tête explose. Il n’était pas au courant de cette histoire alors je lui ai raconté les détails ainsi que le pourquoi du comment de ma peur. Comment savoir ce que je pouvais ou ne pouvais pas dire/faire? Si j’étais forcée de trahir, mais qu’au fond de moi je ne voulais pas le faire, est-ce que ça serait considéré comme une trahison? Selon Sai, c’était assez ambigu. Il m’a donc conseillé d’aller parler à Emeric, pour qu’il me dise exactement ce qu’il pensait être une trahison. C’était une assez bonne idée. Comme ça, j’arrêterai de m’en faire.

Sai m’a aussi demandé comment j’allais, si je me souvenais de ce qui avait causé mon amnésie. Malheureusement non. Je n’ai toujours que la supposition que j’avais utilisé le gant pour me défendre et qu’il y avait eu un effet secondaire très indésirable. La seule chose dont j’étais certaine, c’était que Dracula avait fait quelque chose pour me dérégler. Mais est-ce que ça servait à quelque chose que je m’y attarde? Après tout, j’avais retrouvé le contrôle de mes pouvoirs. Mais si Dracula n’était pas vraiment mort, est-ce qu’il risquait de recommencer quelque chose du genre? J’espère qu’il l’est…

Sai m’a conseillé de me créer de bons souvenirs. Comme je ne savais pas si j’allais trahir le clan quand je retrouverais ma mémoire, avoir de bons souvenirs qui surpasseraient les mauvais m’aiderait. J’en avais déjà beaucoup accumulés ces derniers mois. Il m’a aussi suggéré de donner un signe (peut-être quelque chose de radical) quand je retrouverais ma mémoire. Selon lui, peut-être que je n’aurais pas envie de partager la nouvelle quand ça arriverait. Mais si je n’avais pas envie de le dire, pourquoi est-ce que je me forcerais à donner un signe? Et si je la retrouve, pourquoi est-ce que je ne le dirais tout simplement pas? Quoique je doive avouer que faire quelque chose de radical pourrait être amusant…

J’ai aussi dit à Sai que j’avais très peur de Bélial, à un niveau personnel. Il m’a dit qu’il comprenait. Et que je ne devais pas m’en faire, que je n’étais pas seule. Il a même ajouté que le jour où nous nous battrions contre Bélial, je ne serais pas obligée d’y aller. J’appréciais beaucoup d’être soutenue, mais est-ce que m’enfuir à ce moment-là ne ferait pas de moi une énorme froussarde? Je verrai le moment venu…

Si j’attendais trop, je risquais de changer d’avis, alors je suis allée voir Emeric sitôt ma discussion avec Sai terminée.
-Emeric, il faut qu’on parle.
(Voilà, c’est dit.)
-De quoi?
-Et bien, j’ai vraiment très peur que ma tête explose et je voudrais savoir ce que vous considérez comme une trahison. Parce que si je me faisais capturer et que j’étais forcée de trahir? Mais qu’au fond de moi, je ne voulais pas trahir, est-ce que ça serait considéré comme une trahison?
-Oui.

(Il faut donner ça à Emeric, il ne prend pas de détour.)
-Même si au fond de moi je ne voulais pas trahir?
-Moi aussi j’ai donné ma parole, et je n’ai pas peur que ma tête explose.
-Et bien désolée d’être une puny mortelle faible qui a peur que sa tête explose!
-Si tu as peur de trahir ou de te faire torturer, c’est soit que tu n’as pas confiance en toi ou que tu n’as pas confiance en nous. Tu devrais peut-être travailler là-dessus…
-Mais je vous hais!
-Parce que je te dis la vérité?
-…Oui.

Il faut donner ça à Emeric, il sait comment remettre les gens à leur place. Mais il avait raison. Si je m’en faisais autant, c’est que je ne croyais pas être assez forte pour tenir le coup… et que je doutais des gens autour de moi. Malgré tout ce qui s’était dit sur moi, personne ne m’avait jamais donné de raison de douter d’eux. Il serait peut-être temps que je leur fasse confiance…

Selon lui, le mensonge était aussi une trahison. Au début, je pensais qu’il voulait dire n’importe quel mensonge. Mais tout le monde finit par mentir à un moment ou à un autre et ce n’est pas nécessairement parce qu’ils ont de mauvaises intentions. Emeric voulait simplement parler d’un mensonge qui entraînerait des conséquences. Ok. Pas de backstab et pas de mensonge qui causera de la merde. Got it.


Sai a dit que j’avais un autre artefact sur moi, une bague. J’en ai un autre? Et moi qui pensais que j’avais donné tous ceux que j’avais à Kadaj. Je vais devoir faire une petite recherche quand je serai seule…


Aram a ramené de son magasinage une boîte à musique avec le nom de Reno gravé dessus. Reno avait la clé pour l’ouvrir et avant de le faire, il nous a dit de nous préparer. Qu’en ouvrant cette boîte, il risquait de déclencher la suite des événements. À l’écouter, je m’attendais presque à ce que nos ennemis nous tombent dessus.

Dans la boîte, il y avait un bout de papier et écrit dessus, des cordonnées et un court message : Everyone, now. Alors nous sommes tous partis.

Les coordonnées nous ont menés à des ruines, celles du manoir de Tristan, l’ancien chef du clan. Nous sommes descendus à l’intérieur, jusqu’à une salle où il y avait des portes tout le long des murs. À l’exception d’une, elles se sont toutes ouvertes sur les généraux de Reno.

Dans le fond, une autre porte donnait sur une salle remplie d’artefacts. Alors c’est là que Kadaj a mis ceux qu’il m’a pris? C’était d’ailleurs Kadaj qui avait ouvert la porte, en s’inclinant devant Reno. Je l’avais dit moi qu’il était sympathique!

J’étais vraiment heureuse qu’il soit vraiment comme je le croyais, mais je commençais à me sentir mal. Je voulais tellement me faire accepter par Emeric que je l’avais ignoré ces derniers mois. Je me disais que si j’allais parler au type louche, Emeric penserait que j’étais louche aussi et je régresserais dans mon état d’alliée potentielle. J’aurais dû m’écouter…

Mon malaise n’était pas tant dû à Kadaj, mais plutôt aux généraux. Je me trouvais en présence de vampires très vieux et très puissants. Moi, la salope qui tuait tous les vampires qu’elle rencontrait et qui ne trouvait grâce auprès d’à peu près aucun d’entre eux. Je ne me sens pas super bien… Vous croyez que j’arriverais à m’éclipser sans que personne ne me remarque?

mardi 19 juin 2012

Je ne veux pas que ma tête explose...


Tout fut bien qui finit bien, à l’exception de Merlin, qui était retenu par magie par Clément. Euh… Clément, qu’est-ce que tu fais? Je sais bien qu’il n’est pas des plus sympathiques ces temps-ci, mais… Clément m’a expliqué qu’il s’était mis à attaquer dans le vide et qu’il était certain que c’était la faute de Merlin. Je ne l’ai pas vu agir de façon suspicieuse, mais si tu le dis, je te crois.

De retour dans la grotte, j’ai tenu à accompagner Clément qui s’est éloigné avec Merlin. Comme j’insistais pour rester, Clément tenait à ce que je participe. D’accord, pas de problème. À deux, nous aurons moins de chance d’oublier des questions importantes. Il fallait d’abord penser à un moyen d’obliger Merlin à dire la vérité. Un sort qui faisait dire la vérité n’obligeait pas nécessairement à parler.

Le meilleur moyen que je connaissais pour obliger quelqu’un à obéir était «dominate». Nous avions des vampires à notre disposition, alors pourquoi ne pas nous en servir? Mais attention, nous devions être certains de notre choix. Ce ne fut pas bien difficile : Axel est trop gentil pour accepter, ça fera paraître Kadaj encore plus louche, Emeric n’acceptera jamais alors il ne reste que Reno. Je suis certaine que si nous lui exposons la situation, il ne dira pas non. Après tout, c’est dans l’intérêt de tout le monde de connaître les véritables intentions de Merlin.

Clément avait beau m’avoir dit être certain que c’était la faute de Merlin, ça m’a quand même fait un choc d’entendre Merlin dire qu’il avait nuit à Clément et qu’il avait même essayé de tuer Sai. Mais pourquoi? Tu nous en veux à ce point-là? Je ne pensais pas que tu en étais rendu au point où tu ne nous considérais vraiment plus comme tes amis et que tu essayais de nous nuire…

J’ai aussi eu l’occasion d’en apprendre des belles sur moi. Je faisais partie, avec Merlin, d’une société secrète qui tuait tous les vampires (bons comme mauvais) ainsi que les mortels qui les aidaient. C’est pour ça que Merlin avait voulu nous nuire lors du combat. Il me serait même arrivé à moi aussi de me débarrasser de mortels. J’ai tué des gens parce qu’ils aidaient des vampires? Muuu… Je me hais…

Clément n’était pas au courant de notre petit secret. Merlin s’est fait un plaisir de lui dire que c’était notre petit secret à tous les deux. Je suis désolée Clément. Tu étais mon meilleur ami et je t’ai caché une information aussi importante? Je ne sais vraiment pas pourquoi. À moins que ça n’ait été parce que je savais que tu n’approuverais pas. Si quelqu’un me disait aujourd’hui qu’il tuait des mortels pour le simple fait qu’ils aidaient des vampires, je le traiterais de malade mental.

Merlin lui-même ne savait pas combien de membres notre société secrète comptait, pas beaucoup à ce que j’ai compris. J’ai juste compris que nous avions un moyen de nous reconnaître entre nous. Et il y avait aussi un grand chef, dont Merlin ignorait l’identité, et que nous ne pouvions contacter. C’était lui qui nous contactait. Il avait d’ailleurs contacté Merlin depuis qu’il était avec les vampires.

Quant à cette histoire avec Tristan, j’ai finalement appris pourquoi Merlin voulait le tuer. C’était tout simplement parce qu’il considérait que Tristan avait tout et lui rien. Et il y avait aussi le fait que Tristan n’avait pas approuvé ce que Merlin faisait. Alors tu as trouvé ton frère perdu et quand tu l’as rencontré, tu t’es rendu compte qu’il n’y avait pas de place pour toi dans sa vie et qu’il n’approuvait pas ce que tu faisais alors tu as décidé de le tuer? Et ensuite tu t’es senti abandonné et trahi par moi…

À écouter Clément et Reno, la seule chose à faire pour nous débarrasser du problème que causait Merlin, était de le tuer. Euh, je m’oppose! Merlin est… ou du moins était jusqu’à tout récemment, mon ami. Et quel genre d’amie je serais si en plus de l’abandonner, je le condamnais à mort? Clément a décidé de me laisser la responsabilité du choix. Au risque de me planter, j’ai quand même choisi de le garder en vie. Clément était d’avis qu’un séjour chez les parents de Tristan serait une excellente thérapie-choc alors je suis allée voir Sai pour lui demander d’amener Merlin là-bas (Reno ne voulait pas être tenu responsable au cas où il y aurait des morts).

J’ai aussi profité des semaines suivantes pour approfondir ma connaissance de la religion avec Axel. C’est moi qui aurais sorti cette histoire de chrétien-crétin alors avant de continuer à penser comme ça, je voulais au moins faire l’effort d’en savoir plus sur le sujet. Et tant qu’à en apprendre plus sur la religion, j’ai aussi discuté avec Tristan.

J’ai aussi exploité Axel pour une autre raison : Timothée. Je m’ennuyais atrocement de lui et j’avais peur qu’il ne pense que je l’avais oublié/remplacé. Axel ne pouvait pas m’emmener là-bas, mais j’ai tellement insisté qu’à deux reprises, il a accepté d’apporter à Timothée des lettres que je lui avais écrites. Je ne pouvais pas faire plus.

J’en ai aussi profité pour contacter Fenril. Aller le voir était peut-être trop risqué, mais je pouvais au moins lui donner de mes nouvelles. Il devait beaucoup s’inquiéter pour moi et je voulais le rassurer. Comme j’ai déjà dit à Clément, quand tout sera fini, je crois que j’aimerais apprendre à mieux le connaître. Qui sait? Peut-être que nous deux ça pourrait fonctionner…? Peut-être que non aussi, mais je voudrais au moins essayer.

J’ai aussi pris le temps de m’entraîner, pratiquement tous les jours. Les combats recommenceraient bien assez tôt et je voulais être prête.

Il y avait aussi mon problème avec les hunters. Reno voulait aller voir le général Orcot pour discuter stratégie. Alors vous voulez m’emmener dans un endroit où il y a des hunters (qui ne m’aimeront pas) et Pablo (qui ne m’aime pas d’avance)? D’accord. De toute façon, je pensais justement qu’il serait bien si nous règlerions au moins un de mes problèmes. On parie combien que je vais encore avoir droit à des regards de «qu’est-ce qu’elle fout ici»?

Il y avait deux hunters avec Pablo et le général Orcot. Le gars, Luke, ne s’est pas gêné pour demander ce que je faisais là. Reno a pris ma défense d’un bout à l’autre, jusqu’à ce qu’Emeric lui demande de se taire pour que je puisse parler pour moi-même. J’ai donc raconté mon histoire en essayant d’être la plus honnête possible. J’ai même été honnête au point de dire qu’il n’y avait aucune garantie que je ne trahirais pas le clan si je retrouvais ma mémoire. J’espère que ça n’arrivera pas, mais tant que je n’aurai pas retrouvé ma mémoire, comment affirmer que mes nouveaux souvenirs surpasseront les anciens ou pas?

Je ne pouvais donc pas en vouloir au général Orcot de dire qu’il était d’avis qu’il faudrait se débarrasser de moi. Comment aurais-je pu en vouloir à qui que ce soit de toute façon? J’avais beaucoup trop peur… Par pitié, ne me chassez pas… Si vous le faites, je ne suis pas mieux que morte parce que je ne serai jamais assez forte pour échapper à Bélial toute seule… Je vous en supplie… pitié…

Au moins, Emeric n’avait pas une opinion aussi tranchée. Il a même dit qu’il fallait avoir du cran pour affronter la possibilité de la mort rien que pour dire la vérité. Du cran? Où ça du cran? Vous ne voyez pas à quel point j’ai peur? À quel point j’ai commencé à avoir peur dès que j’ai mis les pieds dans cette maison?

Emeric avait une idée en tête pour moi. Il a dit à Reno que s’il changeait d’idée et se rangeait du côté d’Orcot, il lui demanderait d’utiliser sa tête et pas son cœur. Oh non… Jamais je n’arriverai à satisfaire Emeric. Je vais me faire chasser… Luke a demandé pourquoi on ne me mettait pas sur dominate pour m’empêcher de trahir. Parce que ça ne voudrait rien dire. Oui, j’obéirais, mais mon obéissance serait tout sauf sincère. Et moi je veux qu’elle le soit. Comment voulez-vous que je vous prouve que je suis de votre côté si je suis sur dominate?

Orcot allait continuer à travailler sur un plan pendant qu’Emeric s’occuperait de moi. Je n’ai pas trop aimé quand Emeric a dit «à nous deux». Mais qu’est-ce qu’il va me faire…? Nous sommes allés dans une autre pièce. Emeric m’a donné ses deux boucles d’oreille pour que je les enchante. Je devais faire en sorte qu’elles explosent si je trahissais ma parole et elles ne devraient pas pouvoir être enlevées non plus. Emeric en a mis une et moi l’autre. J’ai peur… Je ne veux pas que ma tête explose…

Reno nous a ramenés à la caverne. Emeric allait faire l’essai de la boucle d’oreille et Reno devait revenir dans dix minutes pour vérifier. Nous sommes allés sur le bord de l’eau. Je me suis fait waterbreathing et Emeric m’a prise dans ses bras avant de sauter dans l’eau. J’ai ensuite fait un autre sort pour que nous atteignions la surface plus rapidement.

Une fois à la surface, Emeric a dit quelque chose tout bas. Si vous ne voulez pas que je connaisse votre parole, fine, je m’en fous. J’ai beaucoup trop la trouille pour être curieuse. En fait, je dirais plutôt que j’étais totalement terrifiée. Emeric va se faire sauter la tête. Après, on me demandera de promettre de ne pas trahir le clan. Je vais le faire et je le penserai vraiment. Mais si je devais trahir, sans le vouloir? Comment savoir ce que je pourrai dire ou faire qui ne sera pas considéré comme une trahison? Muuu… Je ne veux pas que ma tête explose… J’ai peur…

Comme de fait, Emeric m’a fait promettre de ne pas trahir le clan. Là j’ai vraiment peur. Au secours… Ma tête va exploser un jour… Je pensais qu’Emeric allait faire exploser la sienne, mais sitôt ma promesse prononcée, il m’a demandé de nous ramener à la caverne. Pardon? Non mais, pardon? C’était quoi le but de venir ici alors? Te foutre les chocottes. Me foutre les chocottes? Me foutre les chocottes?! Mais allez donc vous faire voir! J’étais tellement furieuse que je suis retournée sous l’eau sans rien dire.

Sitôt de retour à la caverne, je me suis éloignée. J’espère que vous êtes content! Faisons le plus peur possible à Morrigan pour qu’elle fasse ce que nous voulons! Allez vous faire foutre Emeric. Vous avez eu ce que vous vouliez, tenez-vous le plus loin possible de moi maintenant.

Emeric s’est planté devant moi. Mais foutez-moi la paix… J’ai essayé de me tasser, mais il a mis sa main sur mon épaule pour m’empêcher de partir. Il m’a demandé pourquoi j’étais contrariée. Est-ce que je tenais tant que ça à voir sa tête exploser? Bien sûr que non! Mais vous avez vraiment besoin de me demander pourquoi je suis contrariée? J’ai l’impression de m’être fait prendre pour une conne! Allez, faisons peur à Morrigan juste pour la faire marcher!

Vous m’avez foutu la presque-trouille de ma vie! Je serais censée bien le prendre, peut-être? Et en plus vous me dites que c’était ça le but, me faire peur? Génial. Arrangeons-nous pour faire le plus peur possible à la salope qui veut se repentir. Ça va sûrement lui donner envie de rester. Oups, trop tard. Même si elle voulait partir maintenant, je crois qu’elle ne le pourrait pas. Sa tête pourrait exploser…

Emeric m’a dit qu’il voulait me faire assez peur pour être certain que ce que j’avais fait soit vrai. Et bien, bravo. Vous avez eu ce que vous vouliez : je ne pourrais jamais trahir le clan, même si je le voulais et j’ai maintenant une peur de plus. Je comprends ce que vous avez fait, mais ça ne veut pas dire que je sois obligée de me sentir à l’aise à la perspective que ma tête va peut-être exploser un jour.

Emeric m’a répondu que si au fond de moi je ne voulais pas trahir, ça n’arriverait pas. Par exemple, si je me souvenais que quelqu’un du clan avait tué une personne que j’aimais et que je le backstabbais, ma tête exploserait. Mais si j’en parlais à quelqu’un et que j’exposais les faits, ça n’arriverait pas. Vous ne comprenez pas, n’est-ce pas? Je n’ai aucun moyen d’être certaine que ce que je dirai et ferai sera ou ne sera pas considéré comme une trahison. Si je me faisais capturer et que je trahissais sous la contrainte, est-ce que ça serait considéré comme une trahison, si au fond de moi je ne voulais pas trahir? Et si je suis vraiment fâchée contre quelqu’un, par exemple parce qu’il s’est foutu de moi et qu’il m’empêche de partir, et que je le frappe, est-ce que ça sera une trahison? Je ne serai plus certaine de rien et je n’arrêterai jamais d’y penser. J’ai demandé à Emeric de ne plus me faire un coup pareil, mais s’il pense qu’il y a une chance que je trahisse, est-ce qu’il s’en empêchera vraiment?

Reno n’étant pas revenu, Emeric m’a demandé de nous téléporter à côté de lui. D’accord, je veux bien essayer, mais je ne garantie rien. Comme il paraissait que je devais claquer des doigts pour me téléporter, c’est ce que j’ai fait et ça a marché. Nous avons plus atterri sur Reno qu’à côté de lui, mais le résultat fut le même.

Malgré ce qu’Emeric avait fait, le général Orcot ne voulait toujours pas que je reste. Je suis donc sortie pour aller prendre le thé avec la hunter. Je n’en voulais pas au général. Au moins, il ne parlait plus de se débarrasser de moi. Mais est-ce que je finirai un jour par être acceptée, peu importe où et peu importe par qui? C’est vraiment dur pour le moral de toujours finir par se faire traiter en paria…


J’ai fini par oser demander à tout le monde s’ils connaissaient un arcadien qui pourrait m’apprendre à voler. Ce n’est pas que je me sentais un peu beaucoup pathétique d’être une arcadienne qui ne savait pas se servir de ses ailes, mais oui. Personne ne connaissait d’arcadien, mais quand Sai irait dans la tour de Lunas, il chercherait un livre. Je vois ça d’ici : Le vol pour les nuls. Après, nous penserions à aller à Aracadia.

Reno voulait m’utiliser pour faire des spheres et des artefacts et je n’avais rien contre. Je ne désirais rien de plus que de pouvoir me rendre utile. Je ne me souviens pas comment nous avons commencé à parler d’enchanter les bottes d’Emeric pour qu’il danse, mais je trouvais l’idée assez amusante que j’ai décidé d’essayer de le faire et je n’ai pas arrêté tant que je n’ai pas réussi.

Je m’étais bien amusée et je pensais qu’Emeric aussi, mais quand je l’ai finalement laissé tranquille, il est venu me voir pour me dire lui «crisser la paix». Il avait l’air très fâché. Oh non, j’ai fâché Emeric… Moi qui pensais que les choses allaient mieux entre nous deux. J’avais même osé aller le voir après avoir lui certains chapitres du livre sur l’histoire du clan et il avait répondu à toutes mes questions. Et il s’était même proposé pour que je teste sur lui mes sorts de guérison. Il valait en effet mieux vérifier maintenant, avant de nous rendre compte en plein combat qu’ils avaient l’effet contraire. J’avais été très heureuse de constater que je pouvais guérir un vampire et je l’étais encore plus qu’Emeric me laisse l’utiliser. J’avais l’impression que ça démontrait un petit, un tout petit niveau de confiance de sa part.

Et aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir tout gâché. Je me sentais tellement mal que j’ai eu envie de pleurer. Je m’excuse Emeric. Si j’avais réalisé que je vous dérangeais autant, j’aurais arrêté il y a longtemps. Je ne voulais pas vraiment vous écœurer, vous savez? Je voulais seulement vous taquiner, parce que c’était amusant. Je m’excuse…

Ça a été assez troublant de voir Emeric essayer de me calmer, peut-être parce que je n’aurais jamais imaginé le voir un jour se sentir mal à cause de quelques larmes, mes larmes. Il n’était pas vraiment fâché. Il m’a expliqué que quand il était dans son cercueil, c’était pour une bonne raison et qu’il ne voulait pas se faire déranger. Pourquoi ne pas me l’avoir dit dès le début alors? Mon but n’a jamais été de vous déranger.

Je n’étais pas paranoïaque au point de penser que déranger un vampire du clan était une trahison, mais j’idée me trottait quand même toujours dans la tête. J’avais toujours peur. Peur à cause de cette histoire de trahison qui pouvait me faire exploser la tête n’importe quand, peur à cause de Bélial. Je pense que je ne vais vraiment pas bien et j’ai besoin d’aide. Sai, je peux vous parler?

samedi 2 juin 2012

Je t'aime Clément


La fille envoyée par les dieux nous a guéris. Mais elle a dit que Reno n’était pas une créature de dieu. Alors vous pouvez guérir les autres vampires, mais pas lui? Et est-ce que c’était vraiment utile de dire «amen»?

Reno a demandé pour le poison de Wolf. Sakura a dit qu’elle n’en détectait pas. Moi j’ai demandé si elle pouvait m’aider pour ma mémoire. Je n’avais rien à perdre, n’est-ce pas? Elle a décidé d’aller chercher le dieu de la magie. Euh… Ce n’est pas lui qu’il ne faut absolument pas déranger en ce moment?

Il a eu l’air complètement furieux contre moi. Muuu… Je crois que je vais me faire trucider… en fait, il m’a juste traitée de nulle. Ben là… Ce n’est pas comme si j’avais fait exprès de devenir amnésique. Il a dit que c’était complètement vide dans ma tête, comme si ma mémoire était partie ailleurs. Au moins, j’ai maintenant la confirmation officielle que je n’ai plus rien dans le crâne.

Après il a demandé à Sakura d’aller chercher son grimoire et dès qu’elle est partie, il a commencé à me traiter de folle pour avoir utilisé des artefacts. Quels artefacts? Oh, ceux-là… Je ne les ai plus. Non, je ne sais pas où ils sont… Ce n’était pas faux, mais il restait à espérer qu’il ne me demanderait pas plus de détails.

Il m’a montré l’image de l’artefact qui avait causé mon déréglage. Mais ça ne m’a pas trop aidée, parce qu’il ne comptait pas parmi ceux que j’avais en moi et je ne l’avais jamais vu. Mais au moins, si je finissais par retomber dessus, je pourrais peut-être renverser le problème? Mais est-ce que ça serait vraiment une bonne chose que je le retrouve?

Il a redit qu’il ne pouvait rien faire pour Clément, parce que c’était ma faute (oui, je m’en souviens toujours), mais il pouvait au moins faire la moitié du travail. Mais est-ce que j’étais prête à affronter la mort? Euh… Parce que si je faisais quelque chose de mal, il me retrouverait et… Je commençais à avoir un peu peur. Alors si je faisais quoi que ce soit de mal, il me tuerait? Je n’avais pas particulièrement envie de mourir, mais c’était pour Clément, alors d’accord. Il en avait beaucoup bavé pour moi, alors il valait la peine que je prenne ce risque. Mais pourquoi est-ce que Grimm tenait absolument à ce que je claque des doigts en faisant de la magie? Et pourquoi c’était si important que je réussisse à me téléporter?

Clément était tellement plein d’espoir que dès que Grimm est parti, il s’est planté à côté de moi et a attendu. D’accord, je veux bien essayer tout de suite, mais allons d’abord plus loin. Je suis censée être réparée, mais ne prenons pas de chance.


Je n’en reviens pas encore. Clément est un cardinal. J’ai transformé un cardinal en cheval… et en beaucoup d’autres choses. Et il ne m’en veut pas du tout. J’ai même eu droit à un gros câlin de la mort qui tue tellement il était heureux d’être redevenu un homme. Je t’aime aussi Clément.


J’ai identifié les artefacts que nous avions ramassés après les combats. J’étais tellement heureuse de finalement pouvoir utiliser ma magie sans risque, que j’aurais fait out ce qu’ils m’auraient demandé.


J’ai eu une longue discussion avec Clément. Nous nous connaissions depuis 63 ans. Je voyageais depuis que j’avais 25 ans et j’avais 80 ans quand nous nous étions rencontrés. Je m’étais présentée dans son église pour avoir un suiveux. Apparemment, c’était une pratique courante chez les hunters. Le terme me semblait un peu péjoratif et j’espérais ne jamais avoir considéré Clément comme tel.

J’avais besoin d’aide parce que j’étais suivie; des gens étaient au courant de mes faits et gestes. Nous avons d’ailleurs fini par être attaqués par des hunters et des toges rouges.

Je n’avais jamais donné de détails sur le pourquoi du comment de ma haine viscérale des vampires. J’avais seulement dit que les vampires m’avaient pris quelque chose de très précieux. Clément avait cru comprendre que quelqu’un était mort, mais je n’avais jamais voulu en parler. Fenril a dit la même chose. Fenril… Il avait vraiment l’air d’un homme gentil, charmant et qui m’adorait totalement. Quand tout sera fini, je crois que j’aimerais faire plus ample connaissance avec lui. La Morrigan d’avant n’avait peut-être pas de place pour l’amour dans sa vie, celle d’aujourd’hui en a envie. Clément a dit qu’il croyait que Fenril voulait m’épouser. Oui, je l’avais compris.

Nous connaissions Merlin depuis 7 ans. Il se faisait poursuivre par des toges rouges quand nous l’avons rencontré. Il aurait dit venir d’un autre monde et était à la recherche du dernier membre de sa famille. Alors il est venu d’un autre monde pour trouver son frère jumeau perdu et le tuer?
Nous avions été très inventifs et avions tué des nids de vampires à nous trois. Je peux comprendre pourquoi les vampires me détestent, mais les hunters? Nous avions perdu Merlin il y a deux ans. Nous l’avions bien sûr cherché, mais sans jamais de succès. Combiné au fait que je ne l’avais pas inclus dans nos dernières conversations, Clément croyait qu’il se sentait simplement rejeté. Je crois que je vais essayer d’aller lui parler après.

J’ai aussi eu une grosse dispute avec Clément à propos d’une visite que j’avais reçue à propos des artefacts. Clément était venu m’en parler, mais je n’avais rien voulu lui dire. J’espère que j’avais une bonne raison d’agir comme ça. Impliqué comme il l’était déjà, pourquoi est-ce que j’avais jugé nécessaire de lui cacher ce détail?

Clément et moi avions fini par nous séparer, mais un de ces quatre, j’avais décidé d’aller lui rendre visite dans sa cathédrale. J’ai attendu qu’il finisse d’officier, mais nous avons été attaqués par des vampires avant la fin. Heureusement, tous les gens ont pu sortir.

Un homme aux cheveux longs, noirs et frisés est arrivé. Selon Clément, il aurait essayé de me dominer et c’est à ce moment-là que j’avais pété ma coche. J’avais littéralement balayé l’église, dans le genre de : adieu murs et toit. L’homme aux cheveux noirs était parti avec un autre en se téléportant. J’avais essayé de guérir Clément et je l’avais plutôt transformé en furet. Mes pouvoirs étaient déréglés depuis ce temps-là.

La piste la plus promettante que j’avais maintenant (et aussi la seule à mon avis) était le vampire aux cheveux noirs, parce que je me voyais mal demander aux autres si un homme relativement petit, blond, portant une capuche et s’intéressant aux artefacts leur disait quelque chose. J’ai eu de la chance. Reno a dit que ma description pouvait correspondre à Dracula. Il n’est pas censé être mort? J’ai fouillé dans le livre de clan et j’ai trouvé une image. Clément m’a confirmé qu’il s’agissait bien de Dracula. Super. La seule personne qui pouvait m’expliquer ce qui m’était arrivé était morte. Mais son cercueil est toujours là (Sai a vérifié, mais il n’a pas réussi à le détruire), alors est-il vraiment mort?

J’ai demandé à Axel s’il pouvait prendre des nouvelles de Timothée. Il me manquait beaucoup et je ne voulais pas qu’il croit que je l’avais abandonné. Axel est allé et il m’a rapporté qu’il allait bien et qu’il m’embrassait. Je t’embrasse aussi Timothée. Axel est vraiment super gentil. J’espère que je saurai un jour pourquoi j’ai sorti le truc de chrétien/crétin. Et moi qui pensait que j’en étais une. C’est ce que Fenril m’avait dit, mais comme m’a fait remarquer Clément, peut-être qu’il avait interprété une de mes paroles.

J’ai aussi pris la chance d’aller parler à Merlin. Il me boudait toujours, mais au moins j’ai pu lui dire que jamais je n’avais voulu l’abandonner et que quand il voudrait parler, je serais là. J’avais un gros total de deux amis et je préférais les garder. C’est ce que je me disais, mais Clément m’a fait remarquer que ce n’était plus vraiment le cas maintenant. C’est vrai… J’ai des gens autour de moi sur qui je peux compter. Je ne crois pas que je puisse déjà les appeler mes amis, mais il n’en tient qu’à moi qu’ils le deviennent. En tout cas, si je pouvais au moins changer l’opinion d’Emeric, je serais heureuse.


Prochaine étape : tapage de gueule de Charles. Nous étions séparés en trois équipes : les mortels contre Charles, Aram et ses golems dehors et les vampires contre les autres vampires. Je n’ai pas réussi à toucher Charles une seule fois, que ce soit par magie ou par attaque physique, mais j’ai réussi à guérir et à booster mes compagnons bien comme il faut. Je crains même d’en avoir fait beaucoup. Charles est mort, mais il reste tous les autres à tuer. J’espère que je vais être capable de tenir le coup…


mardi 8 mai 2012

L'art de se faire des amis

Un petit quelque chose.

Aram est revenu avec un dude que je ne connaissais pas. Le dude m’a lancé un regard du genre «what the fuck, qu’est-ce qu’elle fout ici». Super… Quelqu’un d’autre qui me connait et qui ne m’apprécie pas.

Le dude, Jander, avait pour mission de trouver un antidote pour Wolf. C’était ce qu’il faisait depuis que Reno lui avait demandé. Il avait même envoyé des lettres, mais Reno n’avait rien reçu.  Il ne voulait pas en dire plus tant qu’il y aurait des gens qui n’avaient pas rapport au clan. Vous savez, vous n’aviez même pas à me regarder en disant ça. Je ne me sentais pas déjà visée d’avance  avec le ton de votre voix.

Puisque Jander faisait partie du club grandissant de personnes qui en savaient beaucoup sur moi (club dont j’étais exclue), j’ai décidé de prendre une chance et de lui demander ce qu’il savait sur moi. Il me répondra probablement la même chose que tous les autres : j’ai foutu la merde, on ne peut pas me faire confiance, tout le monde m’en veut…

Ce qu’il m’a dit était à peine différent de ce à quoi je m’attendais. Les hunters me cherchaient. Merci, j’étais déjà au courant. Ce que je en savais pas, c’était qu’ils me cherchaient parce qu’ils n’étaient pas heureux que j’empiète sur leurs plates-bandes. Euh… Des chasseurs de vampires m’en voulaient parce que j’avais volé leurs kills? Ils ne devraient pas être au contraire heureux que je les aide à tuer des vampires?

Il y avait aussi un vampire qui était après moi. Ça aussi, je le savais déjà, un vampire en particulier. Oh, un autre? J’aurais posé un lapin à celui-là et il n’aurait pas apprécié. Alors je pique les kills des hunters et je ditch des vampires? Est-ce que j’ai fait quelque chose, rien qu’une chose, qui n’ait pas emmerdé quelqu’un?

Après le départ de Jander, il nous a fallu décider de qui nous allions péter la gueule ensuite. Nous sommes allés tuer Heiseu, la 3e d’Oleg. Puis nous avons décidé de repayer une petite visite à Terrence. Cette perspective m’effrayait un peu. Et si nous étions encore paralysés? Rien ne l’empêcherait d’essayer encore de me kidnapper.

Terrence était tranquillement accoté contre une cheminée, un verre de vin à la main. Il nous attendait. Il nous a même dit que nous avions pris du temps à arriver. Vous étiez si pressé que ça de vous battre à nouveau?

Il voulait nous proposer un marché. Oh non, pas encore… Et en plus, il fallait qu’il dise un marché contre un général de Bélial. Super. Comment qui que ce soit pourrait dire non? Comment moi je pourrais dire non? C’est sûr que je vais dire oui avant même que qui que ce soit puisse penser à me défendre.

Finalement, je m’en faisais pour rien. Terrence voulait seulement la garantie que rien ne leur arriverait ni à lui ni à Orphid, en échange de quoi il s’arrangerait pour que nous n’ayons pas à nous soucier d’elle. Reno a carrément été lui demander s’il était amoureux d’elle. Terrence n’a rien répondu. Aller totalement contre les volontés de la personne que l’on aime pour la sauver, sachant très bien qu’on risquerait par la même occasion de la perdre? Je me demande si je ferais ça…

Terrence voulait aussi un antidote au poison qui pouvait tuer des vampires, car il comptait essayer de se débarrasser de Rafale, la 3e d’Orphid et cette dernière se servait du fameux poison. Nous n’avions aucun moyen de savoir s’il était sincère, mais Reno était prêt à prendre la chance. Il n’avait pas essayé encore de me kidnapper, alors c’était un bon début en ce qui me concernait.

Justement, en ce qui concernait cette tentative, je me suis dit que si je voulais savoir qui lui avait demandé de me ramener, c’était le moment ou jamais. Il m’a d’abord demandé si j’en avais une idée. Bien sûr que oui, mais je préférerais beaucoup me tromper. Alors si vous pouviez juste me confirmer que je me trompe, j’apprécierais beaucoup. Robert fait ce qu’il faut pour obtenir ce qu’il veut. Hein? Il a semblé surpris que je ne sois au courant de rien. Je n’ai pas l’air assez perdue comme ça d’avance? Qui est Robert? Reno a dit que c’était le chien-chien de Bélial. Super. Le chien-chien de Bélial recrute des gens pour que lui puisse m’offrir en cadeau à son maître. À moins que ce ne soit Bélial qui lui ait demandé de faire quelque chose à mon sujet. Dans un cas comme dans l’autre, la situation n’est pas réjouissante pour moi. J’ai peur…

vendredi 27 avril 2012

Je ne suis pas une salope... en tout cas plus maintenant

Quand j'ai décidé de rester avec Emeric, je m'étais tout simplement dit que je ne voulais pas le laisser seul avec celui qui bavait, au cas où il arriverait quelque chose. Après, j'ai réalisé que la puny mortelle que j'étais ne pouvait pas faire grand-chose pour aider le vampire ultra-puissant qu'il était. Mais qui sait?



Lui était resté derrière parce qu'il s'était dit qu'il saurait bien assez tôt s'il se passait quelque chose et qu'il saurait à leur retour ce qui s'était passé. Quand je lui ai dit que je voulais l'aider, il a commencé à douter de moi. Ben là... Il m'a demandé où étaient mes amis. J'ai d'abord pensé à Merlin et à Clément. Clément est avec Aram et Merlin est à la caverne, inconscient. Vous jouez les imbéciles? Hé! Je ne joue pas les imbéciles! Clément et Merlin sont mes deux seuls amis alors... Oh... Vous parlez de Kadaj. J'ai dit une fois que je le trouvais sympathique et il est maintenant passé de type que je ne connais pas et que je trouve sympathique à ami/allié. J'avais raison, je réussis à me faire comprendre des imbéciles. Allez vous faire voir. Je ne suis pas une imbécile et c'était certain que vous parliez de Kadaj.

Emeric voulait aussi savoir pourquoi j'étais là. Parce que je vous trouve tous sympathiques… et que j’ai peur de me retrouver seule de mon côté, maintenant beaucoup plus qu’avant. Il doutait aussi de mon amnésie. Mais pourquoi je ferais semblant? Moi qui suis censée détester les vampires, je choisis délibérément de faker l’amnésie pour pouvoir m’entourer de ceux que je hais le plus au monde. Oui, vous avez raison! Je fake d’être amnésique!

Tout le monde est revenu à ce moment-là. Il y a eu un petit malaise. De quoi nous parlions? Du fait que je fais semblant depuis le début d’être amnésique! Quoi d’autre? Personne ne m’a demandé d’élaborer. Peut-être qu’ils n’y croyaient pas ou alors il y avait tout simplement des choses beaucoup plus importantes à faire que de s’inquiéter de l’amnésique/fakeuse de service.

Nous sommes retournés à la caverne pour vérifier l’état de nos blessés et nous sommes tout de suite repartis pour attaquer Pure. J’étais tellement motivée à aller me battre que j’avais presque plus envie de rester derrière. Mais qu’est-ce que j’avais fait pour qu’Emeric passe de «je vais te protéger» à «je te méprise»? Pour qu’il croit que j’étais du côté de Bélial?

J’étais malgré tout décidée à me rendre la plus utile possible et j’ai réussi. J’ai commencé par envoyer du feu dans le tas de drows. Pure était quelque part là-bas, alors il y avait des chances que je la touche. J’ai réussi à achever une bonne partie des drows et même que j’ai donné le coup final à Pure. J’ai été vraiment très fière de moi, pas parce que j’avais tué des gens, mais parce que, pour la première fois depuis que je me trouvais avec le clan de Reno, je sentais que j’avais été vraiment utile dans un combat. J’avais pensé à utiliser ma magie et j’avais réussi à le faire de façon très efficace (note à moi-même : feu +light égale très bon contre les vampires).

Un autre arrêt a été fait à la caverne pour y déposer Axel, qui était hors-service. Kadaj était de retour. Il a eu l’air étonné de voir autant de gens en piteux état. Quand Reno lui a demandé où il était passé, il a répondu qu’il était plus loin dans la caverne, là où il y avait le bateau. Pour éclaircir la situation, Reno l’a pris à part. Il nous a dit n’en avoir que pour une minute, alors j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée voir Emeric. Je n’aurais pas le temps de tout lui raconter, mais je voulais au moins qu’il sache que j’avais une très bonne raison de ne pas être du côté de Bélial et que je voulais qu’il la sache. Peut-être ne me croirait-il pas, mais j’aurais au moins essayé.

Emeric n’avait aucun problème à ce que je lui raconte tout maintenant. D’accord, si vous insistez. J’ai donc fait abstraction de la présence de Kalas, qui n’avait pas l’air parti pour s’en aller, et j’ai raconté ma mésaventure.

Pour qu’il comprenne bien, j’ai commencé du début : le fils de Bélial qui m’avait emmenée parce qu’il croyait que j’étais Margaret. Je pensais qu’il était au courant de cette partie, mais non. Super. Je viens de lui dire que je suis allée chez Bélial. Que va-t-il s’imaginer? Il ne voyait pas où je voulais en venir, alors j’ai tenté d’être un peu plus directe.
-J’ai pris le thé avec Bélial.
-Moi aussi.
-…Est-ce que Bélial vous a fait des avances?
(Voilà. Je l’ai dit. J’espère qu’il ne me demandera pas trop d’explications.)
-… Mais pourquoi…?
-Vous voulez la version détaillée ou le résumé?
(Par pitié, dites que vous voulez le résumé…)
-Commençons par le résumé et nous verrons après.
-D’accord… Alors en résumé, il a dit : J’aime que tu ais peur de moi et j’espère que tu vas survivre à cette guerre parce que quand nous allons nous revoir, je vais coucher avec toi et tu n’as pas ton mot à dire là-dessus.
-…Jamais je n’aurais cru qu’il serait attiré par une blonde.
-…
(Je suis totalement terrifiée par lui et c’est ça qui l’attire. Il se fout bien de la couleur de mes cheveux.)

Raconter ma mésaventure fut plus facile que ce que j’aurais d’abord cru (probablement parce qu’Emeric ne m’avait pas interrompue), mais il restait maintenant le problème de sa réaction. Allait-il me croire? Peut-être. Allait-il douter de moi? Possiblement.

Il n’était pas en train de m’engueuler, alors c’était un bon début, mais ça ne voulait pas dire que les choses étaient redevenues comme au début. Son opinion de moi était toujours aussi peu élevée. Il avait fait des recherches, ce qui l’avait emmené à réviser son jugement. Il m’a expliqué que les hunters étaient entraînés pour tuer les vampires, indépendamment qu’ils soient bons ou mauvais. Moi, j’étais comme un hunter qui était devenu fou et qui tuait pour le plaisir.

Il avait perdu trop de gens à cause de personnes comme moi. J’avais envie de lui répondre que j’avais peut-être de bonnes raisons d’être comme j’étais (Fenril m’avait dit que les vampires m’avaient pris quelque chose de très précieux), qu’il y avait des circonstances, que je n’étais pas aussi mauvaise qu’il pouvait le penser, mais il semblait tellement me mépriser que j’ai préféré m’abstenir. De toute façon, comment aurait-il pu me croire quand je n’y croyais pas totalement moi-même? Avais-je vraiment une bonne raison de vouloir éradiquer les vampires?

Je ne pouvais être certaine de rien tant que je n’aurais pas retrouvé ma mémoire. Mais j’avais beau être ce que j’étais (amnésique possiblement fakeuse/quelqu’un de vraiment pas bien aux yeux de certains), Émeric n’allait pas me tuer pour autant. Il n’était pas sans-cœur : il n’allait pas tuer une potentielle alliée (statut que Kadaj n’avait pas) et n’allait pas non plus me livrer à Bélial. Dois-je me réjouir? Malgré tout ce qu’il pense de moi, je demeure une coche au-dessus de Kadaj et aussi safe par rapport à Bélial.

Ça me faisait un très léger baume sur le cœur, mais j’étais quand même très retournée par tout ce qu’il m’avait dit, surtout par le «si tu te souviens que tu étais une salope et que tu ne changes pas, je te tuerai». J’ai donc préféré m’éloigner, ayant conclu qu’il n’avait plus rien à ajouter sur le fait que j’étais quelqu’un de mauvais. Est-ce que j’étais vraiment si pire que ça? Muuu…
-Si tu tournes le dos quand on te dit des vérités, ça montre seulement que tu as les chocottes.
-(Il vient vraiment de me traiter de froussarde, en plus de tout le reste?) Fuck you!
(Je n’ai pas le droit de me sentir mal et de vouloir être seule?)
-C’est déjà mieux.
-…
(Ça ressemblait presque à un compliment.)
-Si tu ne survis pas à des vérités, les mensonges qu’il te servira te tueront.
-…
(S’il me met la main dessus, je crois qu’il me tuera de toute façon. Mais je crois que je comprends. Si je ne suis pas assez forte pour affronter ce que je suis, je ne serai jamais assez forte pour l’affronter lui. Si je veux avoir une chance de lui survivre, je dois devenir plus forte, et pas seulement physiquement.)

-Mademoiselle Morrigan…
-…Kalas.
(Il était encore là?)
-Félicitations. C’était un beau combat.
-…Merci.
-Si jamais vous voulez vous entraîner…
-…D’accord, je m’en souviendrai.
(Mais d’où est-ce que ça sort…?)