lundi 14 novembre 2011

Le vampire millénaire est plutôt sympathique en fin de compte

C'est fini.


Sai m’a paralysée des quatre membres. Ben là… Ça ne vous tentait pas de m’enlever mes armes, de m’attacher ou juste de me surveiller? Je sais bien que je suis sur dominate, mais quand même… J’aimerais qu’on arrête de me contrôler et d’ensuite m’expliquer… Sai avait beau être aussi sympathique que d’habitude, je n’appréciais pas plus qu’il m’ait paralysée. Après cet incident, nous avons discuté et nous avons appris de Clément qu’il n’était pas un cheval. Avant même que la question ne soit posée, j’avais deviné la réponse : c’était moi qui l’avait rendu ainsi. Yééé, un autre truc que j’ai failé. Au moins, Clément n’avait pas l’air de m’en vouloir.

Sai m’a dit que Reno voulait se téléporter à côté de nous avec Kadaj. Euh, je proteste! Sai a dit que Kadaj voulait discuter, que ça lui ferait du bien. Mais je m’en fous qu’il veuille parler pour se sentir mieux! Il allait me charcuter!

Finalement, j’ai accepté d’écouter Kadaj. Je ne crois pas que ni Sai ni Reno ne le laisseraient me faire du mal, alors ça devrait aller. Je n’étais quand même pas trop rassurée, alors dès que Sai m’a déparalysée, je suis allée me cacher derrière lui.

J’avais peur que Kadaj ne me saute dessus dès qu’il arriverait, mais il est resté au contraire très civilisé. La première chose qu’il m’a dite fut que je n’avais plus à lui obéir. D’accord… Est-ce que c’est un piège? J’étais très craintive, mais à aucun moment il ne s’est montré menaçant. Il s’est même excusé de ce qui s’était passé. Tout ce qu’il avait voulu, c’était de gagner du temps et d’éviter ce qui était justement en train de se passer. Il avait l’air plutôt pressé de m’enlever ces artefacts du corps. Il m’a rappelé que contrairement à lui, d’autres ne se gêneraient pas pour me les arracher. Je suppose alors que je dois me compter chanceuse d’être tombée sur vous, mais j’ai quand même besoin de réfléchir avant de prendre une décision.

J’ai donc pris le temps de parler avec Merlin et Clément. Ou plutôt, j’ai discuté mentalement avec Clément. Merlin devait servir d’interprète, mais après avoir réussi à établir un lien avec mon cheval, je l’ai complètement oublié. Il n’a pas apprécié et s’est mis à se plaindre d’avoir encore été mis de côté. Tu veux parler de secrets qu’on garde? Dis-moi donc pourquoi tu veux tuer le frère de Wolf… Et en plus, il était fâché parce qu’il considérait que c’était ma faute s’il se faisait poursuivre. Bien je m’excuse! Ce n’est pas comme si j’avais prévu que ça arrive! En tout cas je l’espère…

Non seulement Clément était un cheval à cause de moi, mais je l’avais transformé dans le passé en écureuil et en furet. Et en plus, il m’a dit qu’il était un humain. Vu que nous nous connaissions depuis plusieurs dizaines d’années, j’avais peur qu’il tombe en poussière si jamais je réussissais (et je l’espérais bien) à le rendre normal. Clément ne pensait pas que ça arriverait, étant donné que les animaux vivaient beaucoup moins longtemps que ce que lui avait vécu dans cet état.

J’ai aussi été rassurée sur mon état de «pas humaine». Je n’étais ni un vorlog ni un vampyl, mais tout simplement une arcadienne. Clément était au courant, mais pas Merlin. Il avait vu mes ailes une fois, mais je lui avais dit que c’était de la magie… pour pouvoir me foutre de sa gueule. Pfft…

Quant à ces fameux artefacts, c’était moi qui avais décidé de les cacher là. Alors c’est moi qui ai eu la brillante idée de m’ouvrir pour cacher des artefacts super puissants en moi? Ça, c’était vraiment con. Oui, l’idée de base qu’ils y soient plus en sécurité n’était pas mauvaise en soi, mais à les mettre tous au même endroit, est-ce que ça n’avait pas augmenté de façon très exponentielle les risques pour la cachette, aka moi?

Clément m’a aussi appris ce qui s’était passé cette fameuse journée où j’avais perdu la mémoire : j’avais décidé d’utiliser le gant. Comme ma magie ne m’avait jamais rien fait, Clément avait décidé d’aller se mettre en sureté. Les résultats de mon expérimentation? J’avais tout réduit en ruine et les deux seuls survivants à part Clément étaient amnésiques. Je me suis trouvée vraiment très conne, mais j’étais aussi très heureuse d’avoir finalement appris la vérité. C’est ce qui m’a décidé à accepter l’aide de Kadaj. Peut-être que j’avais vraiment au départ une excellente raison de les chercher et de les cacher sur moi, mais vu ce que j’avais fait avec un artefact très puissant, je n’avais pas envie de découvrir ce que je pouvais faire avec plusieurs artefacts très puissants.

J’ai donc dit à Kadaj que je voulais me faire enlever tous ces artefacts. De retour au manoir, je l’ai accompagné dans sa chambre. Je me sentais un peu gênée de me déshabiller devant lui, même si au final ça ne changeait pas grand-chose, alors je lui ai demandé de se retourner. Il avait l’air un peu découragé. Quoi? Je suis désolée, mais nous ne nous connaissons pas assez pour que j’enlève mes vêtements devant vous. Pendant qu’il préparait une potion pour ralentir ma régénération, j’ai tout enlevé sauf mes sous-vêtements et j’ai essayé de me cacher avec le drap.

Après j’ai bu la potion et je m’en suis entièrement remise à Kadaj. Autant j’avais eu peur la dernière fois où je m’étais trouvée ici, autant j’étais rassurée maintenant. Kadaj était très doux et il se serait arrêté si je lui avais dit que j’avais mal. Comme j’en avais pour quelques heures avant que mes blessures se referment, j’ai demandé à Kadaj si je pouvais rester dans sa chambre. Je savais qu’il n’essaierait pas de me boire, alors j’étais sans doute beaucoup plus en sécurité ici que n’importe où ailleurs dans le manoir. Il m’a dit qu’il n’y avait aucun problème.



(La suite commence ici.)

Je lui ai aussi demandé si je pouvais jeter un coup d’œil à aux notes qu’il avait prises quand il avait fait les tests sur moi. Il m’a répondu oui, en ajoutant que je ne comprendrais pas grand-chose. Mais si j’attendais quelques heures, il répondrait à mes questions. Ensuite il m’a proposé de m’envoyer quelqu’un pour m’aider. Mais qui pourrais bien m’aider…? Évelyne? Non, elle est vampire… En tout cas, certainement pas Sereya… Peut-être M… Malheureusement, j’ai pris trop de temps à réfléchir et Kadaj est sorti pour me chercher quelqu’un.

Quelques minutes plus tard, on cognait à la porte. C’était Sereya. Mais qu’est-ce qu’elle pouvait bien vouloir? Je me suis rendue à peu près décente et je suis allée lui ouvrir. C’était elle que Kadaj avait choisi pour m’aider. Je n’ai même pas pris le temps d’y réfléchir et je lui ai fermé la porte au nez. Voir que je vais accepter l’aide de cette fille… M’habiller seule m’a demandé beaucoup d’efforts et après il m’est resté juste assez de forces pour que je me recouche.

Quand j’ai rouvert les yeux, les rideaux du lit étaient tirés et j’apercevais les rayons du soleil au travers. Une odeur de thé flottait dans la pièce. Kadaj était assis à la table. Il buvait du thé et lisait ses notes. Je me suis excusée de m’être endormie, mais ça n’a pas eu l’air de le déranger. Il m’a appris que nous n’avions pas beaucoup de temps pour discuter : Reno voulait que nous partions ce matin. Il m’a demandé si je viendrais. Euh, je ne sais pas. Je n’étais même pas au courant que nous partions, mais si on veut encore de moi malgré ce qui s’est passé, il est certain que j’irai.

J’ai finalement pu jeter un coup d’œil aux notes de Kadaj. Comme il me l’avait affirmé, je n’ai pas compris grand-chose. Il y avait bien un mot que je comprenais par-ci par-là, mais tout le reste n’était que gribouillis.

Kadaj m’a dit qu’il y avait beaucoup de magie en moi, c’en était presque divin. Peut-être était-ce dû aux artefacts… Peut-être avais-je fait un pacte avec un démon ou avec un dragon, mais il n’y avait pas de marque de magie noire sur moi. Si c’était ce qui s’était passé, la marque pouvait se trouver sur l’être avec qui j’avais conclu le pacte. Est-ce que j’ai vraiment été stupide à ce point-là? Vu les brillantes idées que j’ai déjà eues, ça serait tout à fait possible.

Au cours de la discussion, Kadaj s’est aperçu que je n’avais pas de bandages et il m’a demandé pourquoi, ce que je ne me suis pas gênée pour dire. Voir que j’allais accepter l’aide de cette fille! Le gant est à moi… Elle me l’a volé… Kadaj m’a répondu que je ne ferais pas long-feu. Comme en politique, il y avait le principe des alliés et des ennemis. Je crois que je comprends… Ne pas me mettre à dos les gens qui sont de mon côté, right? Je ne fais pas confiance à Sereya, mais comme le dis le proverbe : keep you friends close, but keep your ennemies closer.

Kadaj m’a dit que j’avais une personnalité très «feu». Je m’étais sauvée de lui parce que j’avais peur et quelques dizaines de minutes plus tard, j’acceptais son offre. Il n’a pas tort. C’était un peu impulsif, comme le fait de fermer la porte au nez de Sereya.

-Je vous promets de ne pas lui fermer la porte au nez la prochaine fois.

-Qui suis-je pour vous pour que vous me fassiez une telle promesse?

-Euh…

(Techniquement vous n’êtes rien, mais est-ce que c’était si mal que ça que je vous fasse une promesse?)

-Est-ce qu’il faut que je m’excuse?

-…

-… La prochaine fois, je vais peut-être réfléchir avant de lui fermer la porte au nez…?

-Pffft.

Je n’en reviens pas. Je l’ai fait rire. J’ai fait rire un vampire millénaire. Et il m’a remerciée de l’avoir fait rire, parce que ça ne lui arrivait pas souvent. Il s’est demandé comment une fille comme moi s’était retrouvée mêlée à tout ça. Même réponse que d’habitude : je ne sais pas? Mais qu’est-ce que ça veut dire au juste, «une fille comme moi»? Que j’ai l’air inoffensive, trop gentille ou les deux? Il m’a dit qu’à l’extérieur, on ne ferait qu’une bouchée de moi et il m’a suggéré de rester ici. Ici il y avait des crétins, mais au moins ils avaient de bonnes intentions. «Crétins avec de bonnes intentions»… C’est encore mieux que «spéciaux» ou «attardés».

En remerciement de ce que j’avais fait, Kadaj m’a donné un conseil, sous la forme d’une question : avec ce que je savais, est-ce que ça aurait été mon genre d’oublier en sachant que j’essaierais plus tard de retrouver ma mémoire ou est-ce que j’aurais choisi d’oublier? Vu ce qui s’est passé au village, je crois que j’aurais plutôt choisi de l’oublier. Il m’a mise en garde : si je choisissais d’essayer de retrouver ma mémoire, je ne pourrais peut-être pas m’arrêter. Moi j’aurais voulu au minimum savoir pourquoi je ressemblais tant à Margaret (ça ne pouvait pas être une simple coïncidence), mais il avait raison. Si je choisissais d’ouvrir la porte, je ne pourrais peut-être plus la refermer.

Kadaj est sorti et j’ai fini mon thé en réfléchissant à la question. Est-ce que je pouvais vraiment continuer en ne me souvenant de rien? Est-ce que je pouvais vraiment recommencer à partir de rien du tout? Il y avait le pour et le contre…

J’ai retrouvé tout le monde dans le hall d’entrée. J’ai eu la surprise de voir Rêverie, qui se portait comme un charme. WTF…? Elle est vivante… Comment…? Au risque de me faire revirer de bord, j’ai voulu aller m’excuser de ce que j’avais fait, même si je n’étais pas certaine qu’on pouvait s’excuser à quelqu’un de l’avoir tué. Quand Marié a suggéré que je m’occupe des rations avec Rêverie, je me suis dit que c’était l’occasion rêvée. Mais quand Saï a appris qu’Ar était ici, Rêverie lui a proposé de le conduire à sa chambre et ils sont partis. Muuu…

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